Pour l'auteur, il est plus que temps que la cathédrale de Rimouski rouvre pour le culte et l'animation culturelle.

Cathédrale de Rimouski: vox populi, vox dei

Dans le prolongement de la conférence de presse tenue à l'Hôtel Rimouski le 1er février dernier par M. Victor Lepage et M. Jean-Charles Lechasseur ainsi que des articles parus dans le journal L'Avantage le 8 du même mois en regard de la non-reconnaissance de leur élection comme marguilliers de la fabrique St-Germain par l'évêché, il y a une lourde matière à réflexion.
J'ai assisté aux deux élections tenues en l'église St-Robert où, dans un premier temps, madame Nathalie Leblond ainsi que monsieur Jean-Charles Lechasseur ont été élus lors de l'assemblée des paroissiens du 27 novembre 2016 (120 paroissiens présents) et celle du 11 décembre (156 paroissiens présents) où monsieur Victor Lepage fut élu à son tour. Les candidats furent élus soit à l'unanimité ou par une très forte majorité dans le cas de monsieur Lepage.
À l'élection du 27 novembre, c'est le président d'assemblée qui a présidé l'élection. Quant à celle du 11 décembre, l'assemblée des paroissiens a proposé qu'on nomme un président d'élection et un scrutateur, ce qui fut fait à l'unanimité des personnes présentes. Il n'y a eu aucune opposition ni aucune mention d'un vice de procédure en regard de la loi des fabriques. Au terme de l'élection, le président de la fabrique a félicité l'élu et a conclu la réunion par la lecture du procès-verbal de cette même réunion et qui fit l'objet de diverses corrections. (Normalement, un procès-verbal se lit au début de la suivante assemblée aux fins de correction et d'adoption par ladite assemblée.) Quant à moi, il s'est agi d'une réunion, à la fois démocratique et harmonieuse, où l'assemblée est souveraine.
Je comprends mal que, subséquemment, un émissaire de l'évêque du diocèse vienne dire que ces élections sont «illégales et non valides». Je ne suis pas avocat, mais mon expérience des procédures d'assemblée délibérante me dit que ces élections ont été tout à fait conformes à la volonté librement exprimée par les membres de l'assemblée paroissiale. Dans l'hypothèse où les trois élus siègent au conseil de fabrique, je ne comprends pas que le chancelier de l'évêché les enjoigne à s'en retirer à chaque fois qu'il sera question de la cathédrale! À l'Assemblée nationale ou au conseil municipal, est-ce que le président ou le maire exige le retrait d'un élu au gré des points à l'ordre du jour?
Il y a lieu de s'interroger sur la nature de l'espace politique que nous occupons. Sommes-nous en démocratie? Ou sommes-nous dans une dictature ou dans un relent de théocratie où seul le chef suprême aurait raison, où tout le monde devrait courber l'échine en silence? Nous ne sommes plus au temps de l'Inquisition où les grands possesseurs de la vérité disposaient de la vie des personnes qui ne pensaient pas comme eux.
Avec ce qui advient à nos trois marguilliers nouvellement élus, serait-ce le même dictat qui se perpétue sous une nouvelle forme? L'Église-institution peut-elle encore bafouer la volonté du peuple? L'éthique élémentaire milite en faveur des trois marguilliers. L'aspect légal de la question devrait être, en dernier recours, tranché par un juge. 
Il faut que ces marguilliers démocratiquement élus siègent au conseil de fabrique en conformité avec leur élection et qu'ils exercent leurs fonctions dans la totalité de leurs prérogatives sans aucune restriction émanant de la curie rimouskoise. Qu'ils n'acceptent aucune limitation de leur rôle, aucun compromis. Ils doivent demeurer solidaires et dignes de la mission que l'assemblée des paroissiens leur a confiée, dont implicitement de sauver la cathédrale et de s'assurer d'une gestion seine et transparente des revenus, des dépenses et des biens de la fabrique.
Il est souhaitable que le conseil de fabrique réponde à certaines questions que la population se pose, comme : qui a pris la décision de fermer la cathédrale? Y a-t-il eu une consultation élargie auprès de l'assemblée des paroissiens pour prendre cette décision? Sinon, pourquoi? Est-ce la sécurité publique qui l'a ordonnée? Qui a décidé d'obstruer la voie publique à l'intersection Cathédrale et St-Germain? Et, qui en a donné l'autorisation? 
Il est plus que temps que notre belle cathédrale, plongée dans le silence et, selon toute apparence, abandonnée par l'ordinaire du lieu, rouvre et pour le culte, comme souhaité par les fidèles, et pour l'animation culturelle pour la population en général. 
Gilles Le Chasseur, Rimouski