Cette année, et ce, deux samedis consécutifs, en rétrécissant à l’excès le lieu du défilé, comment pense-t-on y rassembler la foule habituelle des années passées formée essentiellement de citoyens payeurs de taxes et leurs invités?

Carnaval de Québec: des défilés pour qui?

Depuis les années 70, j’ai toujours vu les défilés le long du boulevard Saint-Cyrille, devenu en 1992 le boulevard René-Lévesque. On parlait alors du défilé de la Haute-Ville pour le distinguer d’un deuxième qui se tenait généralement une semaine plus tôt de Charlesbourg à Limoilou. Des milliers de personnes de tous âges participaient à ces activités et particulièrement les jeunes enfants qui découvraient ainsi la féérie du Carnaval.

De part et d’autre des rues où défilaient corps musicaux, chars allégoriques, personnages grotesques ou rieurs et amuseurs publics, un long cordon de citoyens et visiteurs dansaient, chantaient et s’amusaient le plus souvent en famille ou même entre voisins d’un jour ou de toujours. L’étendue même de ces défilés facilitait les réunions familiales ou amicales alors que les maisons se remplissaient pour mieux aller admirer Bonhomme et sa cour qui passaient à proximité.

Finies ces belles années où la famille et les amis constituaient la raison d’être de cette fête annuelle. Cette année, et ce, deux samedis consécutifs, en rétrécissant à l’excès le lieu de la fête, en le réduisant à la Grande Allée dans sa portion congrue qui va du Musée national des beaux-arts à la place George-V, comment pense-t-on y rassembler la foule habituelle des années passées formée essentiellement de citoyens payeurs de taxes et leurs invités? 

Comment imaginer surtout que l’on puisse y amener des enfants loin de leurs résidences familiales dans un endroit où le stationnement devient problématique? Comment leur faire sentir la féérie du Carnaval alors qu’ils seront obligatoirement massés dans une foule compacte de festivaliers adultes? Alors pour qui ces défilés nouvelle mouture? 

Certes, les restaurateurs et hôteliers de la Grande Allée et des rues avoisinantes de même que les touristes qui les fréquentent y trouveront avantage. Malheureusement, le sens de la fête créée et voulue par les citoyens de Québec s’en trouvera détourné et l’avenir du Carnaval, sûrement questionné.

Qui donc réagira et interpellera les autorités concernées?

Gilles Héon, Québec