Une chaîne humaine lors de la consultation publique sur la vocation de l'école secondaire Cardinal-Roy, en octobre.

Cardinal-Roy: il faut sauver l’école de quartier

J’ai été mis au courant du projet de réduire la vocation de l’école secondaire publique Cardinal-Roy aux seuls projets particuliers Sports Arts Études (SAE), ce qui aurait notamment pour effet de faire disparaître les secteurs régulier et adaptation scolaire, privant ainsi les enfants du quartier Saint-Sauveur d’une école secondaire de quartier complète.

Je suis d’avis qu’il s’agit d’un projet qui, à bien des égards, serait hautement préjudiciable aux meilleurs intérêts des enfants de Saint-Sauveur, et ce, de plusieurs façons. Ainsi en obligeant les enfants de ce quartier déjà sérieusement désavantagé et sous-équipé à fréquenter des écoles éloignées, on les soumet aux inconvénients connus des transports quotidiens prolongés.

De plus, en les éparpillant ainsi dans d’autres quartiers durant la journée, on les prive de la possibilité de se constituer en réseaux sociaux de proximité stables qui sont pourtant indispensables à la socialisation des adolescents. Rappelons enfin qu’en réduisant la mission de cette école aux seuls projets particuliers, on confirme ainsi la vocation élitiste d’une école publique, ce qui est contraire à la lettre et à l’esprit de la Loi de l’instruction, notamment en ce qui concerne la mission de socialisation que la Loi confie à l’école québécoise, laquelle socialisation se réalise en particulier dans un contexte de mixité sociale qui n’existerait plus à Cardinal-Roy.

Signalons enfin qu’un examen attentif de l’article 36 de la Loi de l’instruction publique permet de voir que le projet de réduire la vocation de Cardinal-Roy aux seuls projets particuliers contrevient à sa face même aux dispositions suivantes dudit article: 

1) [l’école est notamment destinée]... «à collaborer au développement social et culturel de la communauté» ; 

2) [l’école] «a pour mission, dans le respect du principe de l’égalité des chances, d’instruire, de socialiser et de qualifier les élèves, tout en les rendant aptes à entreprendre et à réussir un parcours scolaire». 

En toute déférence pour l’opinion contraire, j’estime que le projet actuellement en débat ne résisterait pas aux tests d’un tribunal parce qu’il serait jugé préjudiciable aux meilleurs intérêts de nos enfants. 

J’estime que le Commissaire d’école a pour mission principale d’assurer le respect de la Loi de l’instruction publique comme ultime garant d’un développement harmonieux et complet de tout un chacun des enfants de toutes conditions sociales dans un contexte obligé d’égalité des chances.

Antoine Baby, Saint-Antoine-de-Tilly