Carl Desharnais du Service des projets industriels et de la valorisation lors d’une séance technique d’information aux médias sur la future usine de biométhanisation en décembre dernier

Biométhanisation à Québec: la Ville agit de façon responsable

POINT DE VUE / En réaction à la lettre d’opinion «Biométhanisation à Québec: avons-nous toute l’information?» de Normand Beauregard et Frédéric Narbonne parue le 16 février

À la suite de la consultation publique du 6 février dernier sur des modifications réglementaires permettant la construction du Centre de biométhanisation de Québec (CBAQ), des citoyens s’étonnent que le projet n’ait jamais été soumis à des consultations publiques. Ils demandent au gouvernement du Québec de mandater le Bureau d’audiences publiques (BAPE) pour que la Ville s’explique sur différents aspects du projet en rencontrant la population.

La Ville de Québec se penche depuis plusieurs années sur des solutions de traitement des matières organiques. Déjà en 2011, elle présentait publiquement un document d’information évaluant différents scénarios pour le traitement des matières organiques, dont le compostage industriel. Ce scénario n’a finalement pas été retenu afin de tenir compte des aspects de sécurité liés à un site de compostage ouvert à proximité d’un aéroport.

En 2014, la Ville a annoncé officiellement le projet de CBAQ en présence du ministre de l’Environnement, M. Yves-François Blanchet. Plusieurs études et analyses ont suivi, dont un Rapport d’études préparatoires confié à la firme d’ingénierie Roche. Ce rapport est disponible sur le site Web de la Ville de Québec depuis 2016. Lors des consultations publiques sur le Plan métropolitain de gestion des matières résiduelles organisées par la Communauté métropolitaine de Québec et l’Institut du Nouveau Monde en 2016, les citoyens et les organismes ont eu l’occasion de discuter du projet. Plusieurs mémoires en font état. Deux rencontres d’information se sont également déroulées en septembre 2016 et mars 2017 pour présenter le projet aux citoyens.

Comme toutes les municipalités au Québec, la Ville de Québec est soumise à la Politique québécoise de gestion des matières résiduelles du gouvernement du Québec qui l’oblige à détourner de l’élimination, d’ici 2022, les boues municipales et les résidus alimentaires. La Ville prend ses responsabilités. Avec son projet de centre de biométhanisation, elle choisit de traiter ses matières organiques sur son territoire plutôt que de les acheminer dans une autre municipalité pour les composter.

La Ville a analysé 27 sites avant de poser son choix sur la zone industrielle de Limoilou pour installer le centre de biométhanisation. Ce choix est logique considérant la synergie possible entre les autres installations de traitement des matières résiduelles : l’incinérateur et la station de traitement des eaux usées. En outre, le choix d’intégrer l’incinérateur dans le projet pour recevoir et séparer les résidus alimentaires des déchets facilitera la vie aux citoyens qui, moyennant l’utilisation d’un sac approprié, pourront placer leurs résidus alimentaires dans leur bac à déchets. En ajoutant les boues municipales, ce sont autant de matières qui seront détournées de l’incinération. Bien que le projet de CBAQ pourrait se faire sans l’apport de l’incinérateur, ce choix représente aussi une occasion d’améliorer le fonctionnement d’un équipement qui joue encore un rôle majeur pour le traitement des 250 000 tonnes de déchets produits annuellement par les citoyens de Québec.

Les auteurs de l’article s’inquiètent des incertitudes entourant la biométhanisation comme technologie choisie pour traiter les résidus alimentaires et des débouchés existant pour le digestat. La Ville met tout en œuvre pour se doter d’un centre à la fine pointe de la technologie. Elle a rencontré les responsables de projets similaires au Québec et ailleurs dans le monde afin de bonifier le sien. De plus, il ne s’agit pas, comme mentionné par MM. Beauregard et Narbonne, de deux projets sur le même site, mais d’un seul projet qui se divise en deux afin d’offrir une excellente qualité de digestat. Plusieurs avenues sont actuellement envisagées pour écouler le digestat. Des analyses sont en cours.

Les citoyens qui souhaitent en savoir plus sur le projet ou obtenir une mise à jour peuvent se présenter à la soirée d’information du Comité de vigilance de l’incinérateur qui aura lieu le mardi 30 avril 2019, à 19 h, au Club social Victoria.

Suzanne Verreault est membre du comité exécutif de la Ville de Québec responsable de l’environnement et de la gestion des matières résiduelles et membre du Comité de vigilance de l’incinérateur de Québec