Le projet de Carrefour de généalogie du groupe citoyen à l'église Saint-Jean-Baptiste n'est pas encore tout à fait ficelé.

Bienvenue au Carrefour patrimonial Saint-Jean-Baptiste

Selon Espace Solidaire, le projet de Carrefour de généalogie de l'Amérique francophone est un mort-né, tandis que, par média interposé, la Ville de Québec rétorque que sa formulation actuelle n'est pas encore viable. Qui dit vrai et que se passe-t-il vraiment dans ce dossier?
D'un côté, madame Dominique Drolet, présidente d'Espace solidaire, déclare vouloir «prendre une pause pour réfléchir et revenir à la charge» (après les élections), de l'autre, madame Julie Lemieux, vice-présidente du comité exécutif de la Ville de Québec, affirme qu'il faut «peaufiner et approfondir le projet», ajoutant qu'il faut trouver pour cette église «une vocation qui va plaire».
Alors voici quelques éléments pour alimenter la pause-réflexion d'approfondissement de ce projet. Reconnaissons d'abord que la généalogie n'attire pas l'enthousiasme des foules, ni l'appui et l'inspiration des dirigeants politiques. Je salue ici celles et ceux qui s'y consacrent avec ferveur, mais un tel mandat exclusif ou une telle vocation (même internationale) pour l'église Saint-Jean-Baptiste, ne répond pas, à mon avis, à une priorité actuelle. Le Québec est un jeune pays. Les Québécoises et les Québécois ont abondamment créé au cours des siècles. N'en déplaise à plusieurs, nous avons un patrimoine dont nous devons être fiers et que nous connaissons mal. Ceci est particulièrement vrai pour notre patrimoine immatériel constitué de nos diverses pratiques artistiques transmises de génération en génération, telles que la chanson, la musique, la danse et le conte traditionnels.
L'idée que cette église devienne un «carrefour patrimonial» me plaît. C'est un édifice patrimonial dont nous sommes fiers et qui est tout indiqué pour un tel changement de vocation. Cette «ex-église» continuera à être ou deviendra un lieu de rencontres, d'échanges et de partages d'idées et d'expériences personnelles et intergénérationnelles.
Québec, ne l'oublions pas, est une ville du patrimoine mondial de l'UNESCO. Elle a besoin d'un tel carrefour. D'autant plus que l'Organisation des villes du patrimoine mondial, qui a son siège social à Québec et qui est à la recherche d'un local permanent, pourrait y loger avec bonheur et avec un rayonnement international indéniable.
Pour terminer sur une considération panquébécoise, je soutiens que cette initiative de créer un tel Carrefour patrimonial Saint-Jean-Baptiste s'inscrit bien dans les objectifs de la Loi sur le patrimoine culturel de 2011, particulièrement en ce qui concerne la connaissance, la mise en valeur et la transmission (diffusion) de notre patrimoine culturel. Fructueuses réflexions mesdames... et messieurs.
Henri-Paul Blanchard, Québec