Beaucoup de questions, bien peu de réponses

POINT DE VUE / Le gouvernement du Québec a posé à la Ville de Québec 147 questions sur son projet de tramway. Certaines sont cocasses, la survie de la salamandre à quatre doigts par exemple, mais l’ensemble démontre que les décideurs sont aussi dans le noir que les citoyens et ont de sérieuses préoccupations.

À la question 146, par exemple, le gouvernement demande de comparer le coût du métro à celui du tramway en tenant compte du cycle de vie et des frais d’exploitation. On note que la formulation utilisée actuellement par la Ville ne tient pas compte des «coûts globaux» et «est susceptible de semer la confusion ou de s’accompagner de biais d’interprétation». L’investissement inclut-il le matériel roulant et les systèmes? On remet donc en cause l’étude Systra qui visait à enterrer l’option du métro.

L’étude d’impact doit également expliquer au gouvernement en quoi le 3e lien modifie le projet de tramway. Au passage, on remet en cause un argument de la Ville voulant que le transport en commun ait atteint ses limites! La question 9 demande de spécifier le mandat, la composition, la fréquence des comités de bon voisinage qui, on le sait, ont été repoussés.

On suggère carrément d’augmenter le nombre de stations, car la distance est trop grande entre certaines d’entre elles. Quel sera le système de chauffage-résistance, électrique ou brûleur au propane, pour les aiguillages? A-t-on prévu la décontamination de certains sols excavés? Comment recueillir les rejets pluviaux qui vont augmenter? Quelle est la profondeur des tunnels et des stations souterrains? Combien de commerces et de résidents seront expropriés? En cas de panne de courant quelle sera la priorité donnée au réseau? Quels sont les coûts pour Hydro-Québec? Pourquoi faudra-t-il dynamiter pendant 24 heures pour creuser le tunnel sur la colline parlementaire? Quel sera le temps de réponse du service d’incendie? Quel est le niveau de bruit produit par le meulage des rails? Qu’en est-il de la pollution visuelle? De l’abattage des arbres? Quelle sera la qualité de l‘air durant la construction?

L’étude d’impact s’interroge aussi sur le tracé et questionne la décision de ne pas desservir le ministère du Revenu à l’édifice Marly et les employés qui travaillent dans le Vieux-Port qui devront marcher un ou deux kilomètres.

En ce qui concerne le bruit provoqué par le passage du tramway, on note «qu’en fonction de la fréquence émise par le tramway, qui n’est pas explicitée dans le texte, les mesures d’atténuation proposées pourraient s’avérer plus ou moins inefficaces».

À souligner, le document relève deux fausses informations concernant des chantiers à venir et véhiculées par la Ville soit l’élargissement de Charest et Laurentienne.

Le gouvernement québécois est donc préoccupé par le brouillard qui entoure ce tramway de 3,3 milliards $ et veut des réponses. Le maire Régis Labeaume a banalisé la portée de ces 147 questions et leur impact sur l’échéancier des travaux. Il n’a pas fini de faire des infopubs.