Bannissons les cellulaires en classe!

POINT DE VUE / Avec la rentrée scolaire est revenue dans l’actualité la question fort pertinente de la présence du cellulaire dans les classes. À la lumière de ce que l’on observe sur le terrain depuis plusieurs années, le Centre Cyber-aide en vient à la conclusion qu’il est préférable, pour le bien de nos jeunes, de nos enfants, de bannir les cellulaires en classe.

La mesure peut paraître drastique, mais elle a plutôt l’indéniable avantage d’offrir une ligne directrice aussi claire que facile à suivre pour l’ensemble des milieux. 

D’abord, cela donnera le temps aux écoles de réfléchir pour concevoir un mode d’emploi offrant un encadrement spécifique aux cellulaires, tout en évacuant le flou inextricable qui prévaut pour le moment. En effet, il n’est pas rare de trouver, au sein de la même école, une classe où on permet l’utilisation du cellulaire (même pour une utilisation ludique comme l’écoute de musique pendant les travaux scolaires), alors que sa voisine ne le permet carrément pas. On comprend aisément la confusion qui peut alors régner chez les élèves et le personnel scolaire… de même que chez les parents!

Ensuite, si l’on s’entend rapidement sur le potentiel pédagogique du cellulaire en classe, on ne peut glisser sous le tapis les désavantages et risques qui l’accompagnent : risques pour la santé (les yeux, la posture, la qualité du sommeil, la cyberdépendance, etc.), la sécurité (utilisation des données, piratage, etc.), la sexualité (les comportements) et les problèmes de cyberintimidation (situations conflictuelles, etc.). On ne peut faire semblant d’oublier ces risques potentiels, d’autant plus que la science et le savoir actuels n’ont même pas encore fait le tour de la question!

De plus, on ne peut faire l’impasse sur les conseils des pédiatres qui recommandent une utilisation quotidienne limitée des écrans. Cette limite est fondamentale pour assurer le bien-être de l’enfant, pour sa santé, pour son équilibre. S’il fallait que chaque journée en classe signifie huit heures passées devant l’écran, comment feront les parents pour que leurs enfants retrouvent l’équilibre?

C’est pourquoi il serait judicieux de s’inspirer de l’Ontario et la France à ce propos et bannir la présence des cellulaires en classe. En revanche, si le Québec venait à adopter une telle loi, je recommanderais de ne pas appliquer de sanctions contre les élèves qui ne sont pas en mesure de respecter les consignes. Il faudrait d’abord évaluer les besoins comblés par cette utilisation des écrans, afin de réagir de manière appropriée à la situation.

Le forum sur la dépendance aux écrans annoncé par le gouvernement ne pourra mieux tomber : il faut saisir cette occasion pour aborder la question du cellulaire en classe, ce qui doit inclure l’analyse des avantages et désavantages de cet outil technologique afin d’en réaliser un portrait juste qui permettra, par la suite, de prendre les bonnes décisions.

Et pour les parents qui pourraient déplorer la mise à l’écart du cellulaire parce que cela compliquerait les communications avec leur enfant, rappelons-leur simplement qu’il y a d’excellents secrétariats en mesure de passer leurs messages…