Sofiane Ghazi

Avortement et dogme

En réaction à l'éditorial «Protéger l'avortement» de Jean-François Cliche, paru le 27 juillet.
J'aimerais seulement vous partager mon impression à la lecture de votre plaidoyer pour la protection de l'accès à l'avortement à la suite de ce qui semble une remise en question de celui-ci dans l'histoire du meurtre du bébé à naître par Sofiane Ghazi.
J'ai trouvé particulier votre choix du soldat pour nous transmettre votre éditorial de ce jour-là, en l'occurrence. J'ai trouvé, disons, spécial qu'un journaliste démontrant un si grand souci et talent à admirablement expliquer la science contenue dans les différents phénomènes de notre quotidien, soit si rapide à rappeler tout le monde à l'ordre sur le dogme de l'accès à l'avortement qui «fut et est toujours une grande avancée pour les femmes» précise-t-il à la fin. Surprenant aussi de le voir si facilement soumis au statut légal non humain du foetus.
Pourtant, n'est-il pas scientifiquement reconnu qu'une capacité d'un développement pleinement humain est donnée dès la première cellule embryonnaire? Cela ne devrait-il pas nous convaincre qu'il y a un être «distinct» dès ce moment dans le ventre de la mère et que celle-ci ne peut plus prétendre à l'argument fétiche, soit d'avoir un droit absolu à disposer de son corps comme elle veut? C'est seulement un des exemples des questions auxquelles je m'attendrais à voir M. Cliche se poser.
Au sujet de certains enjeux moraux comme l'avortement, serions-nous, à cause entre autres d'une certaine complaisance journalistique vis-à-vis la pensée ambiante, devant un grand phénomène d'obscurantisme digne de la période de Duplessis?
Steve Boivin, Saint-Flavien