Le ministre Simon Jolin-Barrette

Avec la CAQ, a-t-on changé pour pire?

POINT DE VUE / En octobre, la CAQ, portée par un inexorable désir de changement, a gagné les élections avec un résultat sans équivoque. Quelques mois après la prise du pouvoir, il y a lieu de s’interroger sur l’attitude du gouvernement à vouloir réaliser à tout prix ses promesses électorales.

Dans le dossier de l’immigration, bien qu’on puisse être d’accord avec la finalité de la réforme, comment a-t-on pu décider de littéralement flusher 18 000 dossiers en attente de façon aussi cavalière? Ce n’est pas en continuant «à partir la cassette», comme le fait le ministre Simon Jolin-Barrette à chacune de ses interventions, qu’on convaincra les gens des bienfaits d’un geste aussi radical.

En santé, la CAQ veut créer des maisons des aînés afin de remplacer les CHSLD. Encore là, personne n’est contre la vertu, mais on fait cela comment et à quel coût? Pourquoi ne pas améliorer le réseau actuel et les soins de maintien à domicile pour les aînés?

L’autre promesse de la CAQ est la réalisation du troisième lien à l’est, bien qu’aucune étude sérieuse ne démontre sa pertinence. Surtout que le problème de congestion routière se retrouve dans l’ouest, à la tête des ponts. Mais le gouvernement est prêt à investir des milliards dans ce projet.

La CAQ a aussi promis la maternelle à quatre ans pour tous les enfants. Encore là, on voit l’entêtement du gouvernement à maintenir le cap, malgré le peu d’appuis des partenaires du milieu.

Deux constats s’imposent : à voir aller le gouvernement, on pourrait croire qu’il a trouvé le moyen d’imprimer de l’argent. Et pour faire passer ses réformes, la CAQ a adopté la «stratégie du bulldozer». Ainsi, tous ceux qui osent réclamer un peu de réalisme dans la prise de décision sont accusés de résister aux changements.

Avons-nous changé pour pire? L’avenir nous dira si le gouvernement gardera le cap, avec les dommages collatéraux qu’une telle façon de faire entraînera. À moins qu’il admette que certaines de ses promesses ne passent tout simplement pas le test de la réalité. Gouverner en cherchant un consensus a toujours sa place au Québec pour arriver à faire des changements durables pour le bien-être d’une majorité de gens.

Hélène Drolet, Québec