Aux travailleurs et travailleuses, aux syndiqués de l'empire Québecor

C'est en période électorale que des travailleurs et travailleuses, des syndiqués comme vous sont plus directement interpellés en tant que citoyens et citoyennes, et qu'ils sont ainsi amenés à prendre position en termes clairement politiques : quel est le parti auquel vous donneriez votre vote et qui serait à même au gouvernement de mieux prendre en compte vos intérêts?
C'est en période électorale que des travailleurs et travailleuses, des syndiqués comme vous sont plus directement interpellés en tant que citoyens et citoyennes, et qu'ils sont ainsi amenés à prendre position en termes clairement politiques : quel est le parti auquel vous donneriez votre vote et qui serait à même au gouvernement de mieux prendre en compte vos intérêts?
En travaillant au sein de l'empire Québecor, vous avez dû tous pouvoir réaliser, en particulier lors des derniers lock-out au Journal de Québec (2007-2008) ainsi qu'au journal de Montréal (2012), comment votre patron était un des plus intransigeants et durs du Québec et qu'il ne se gênait pas pour engager des scabs dans le but de vous affaiblir et d'en finir avec vos revendications collectives. Vous avez aussi sûrement expérimenté comment le travail y est organisé au quotidien sur le mode fermé et hiérarchique sans qu'il ne soit permis une authentique participation de ceux et celles qui y façonnent pourtant l'information au quotidien et sans lesquels les médias Québecor ne pourraient pas exister.
Or voilà qu'en ce début de campagne 2014, c'est Pierre Karl Péladeau, ce patron de choc pro-scabs que le Parti québécois a décidé de présenter dans le comté de Saint-Jérome, et sans nul doute pas seulement pour faire office de député d'arrière ban, mais sûrement avec la promesse, s'il est élu, d'un poste de ministre. La décision a au moins le mérite d'être claire et de faire réaliser à tous ceux et celles qui dans le mouvement syndical, avaient encore espoir que le Parti québécois ait gardé quelque trace de son «préjugé favorable aux travailleurs» d'antan, que cette fois-ci c'en est bel et bien fini. Les masques sont tombés. Avec un Péladeau au conseil des ministres, qu'en sera-t-il de la protection de leurs droits collectifs? La réponse, c'est vous qui la connaissez, mieux que personne, vous qui avez l'expérience au quotidien de ce qu'il en est de travailler sous la gouverne d'un patron de choc anti-syndical.
Ne serait-il pas opportun dès lors de le faire savoir publiquement, et comme citoyens voulant participer pleinement aux débats de la campagne 2014, de vous désolidariser non seulement de votre patron en mal d'une carrière politique, mais encore du Parti québécois qui en fait un de ses candidats vedette? Et de le faire, en rappelant qu'au delà des trois partis aux vélléités clairement antisyndicales que sont le PLQ, la CAQ et maintenant le PQ, il y a aujourd'hui au Québec un parti qui lui, tout en se revendiquant de la souveraineté et d'une vision écologique, a choisi son camp et prend la défense des travailleurs et des travailleuses. Il s'agit de Québec solidaire!
Pierre Mouterde, sociologue essayiste
Québec