« Pour un automobiliste qui n’a jamais roulé en vélo, frôler un cycliste demeure de même nature que frôler un pare-chocs lorsqu’on se stationne ou contourner de près un cône orange dans une entrave à la circulation », constate l’auteur.

Automobilistes barbares

M. Robert Poëti, Ministre des Transports
M. Poëti, assez c'est assez. Ça fait des mois que je me dis que je devrais vous écrire, tellement je suis excédé et découragé par le non-respect de la loi au Québec. Pourtant, «nul n'est sensé ignorer la loi!». Encore hier, à Wendake, je me suis fait crier "*st* de kr*ss de bicycle!" par un gars en camion quand je me suis engagé sur les lignes hachurées jaunes pour traverser la rue. Hors, en théorie, les vélos et piétons ont priorité pour y traverser après avoir fait un arrêt. L'autre jour c'était sur l'avenue Chauveau, j'essaie de traverser après un arrêt et un monsieur d'un certain âge me klaxonne, baisse sa fenêtre et me lance « Mon kal*ss de pédaleux! ». On fait notre arrêt, et on regarde les autos passer. Personne n'arrête, comme si on était invisible.
La semaine passée j'étais à Cape Cod aux États-Unis. Là-bas, en vélo, j'approchais à peine d'un tel passage et immédiatement autos et camions arrêtaient. Je n'en revenais pas. En passant, l'amende au Massachusetts pour ne pas céder le passage à un vélo est de 200$ USD. J'ai observé le même phénomène culturel à Terre-Neuve (extrême courtoisie automatique envers les piétons et vélos) et aux Pays-Bas.
Monsieur Poëti, les Québécois sont non seulement les contribuables les plus taxés en Amérique du Nord, ils sont fort certainement les conducteurs les moins courtois en Amérique du Nord. J'espère que votre gouvernement agira dans les deux cas, mais certainement vous devriez augmenter les points d'inaptitudes pour les automobilistes qui ne cèdent pas le passage, et vous devriez faire une campagne de sensibilisation sur ce point.
Finalement, j'espère que la Ville de Québec fera quelque chose pour que ses policiers fassent une campagne de sensibilisation là-dessus: c'est une vraie honte quand on voit les pauvres touristes étrangers dans le Vieux-Québec qui regardent médusés les voitures passer devant eux quand ils sont devant une traverse avec les fameuses lignes jaunes hachurées. On passe pour une bande de barbares.
Eric Bergeron
Québec