L'arrivée de Pierre Karl Péladeau au PQ continue de faire jaser. On le voit avec sa chef, Pauline Marois, lors de l'annonce de sa candidature.

Au nom de l'éthique et de la moralité

À la première ministre Pauline Marois
Vous avez accueilli, comme candidat dans St-Jérôme, M. Pierre Karl Péladeau. Cette candidature démontre l'intérêt de tous les milieux à «la chose publique». Par contre, j'ai un problème avec la déclaration de M. Péladeau qui conservera ses actions de contrôle dans Québecor.
Permettez-moi de vous rappeler certaines décisions depuis les années 70. Le Parti Québécois, sans arrêt, pendant plusieurs mois, critiquait M. Robert Bourassa dont la «belle famille» était propriétaire de l'entreprise Les formules mécanographiques Paragon ltée. Pourtant M. Bourassa, ne possédait aucune action de cette entreprise.
Jean-Claude Boutin fut élu député de la circonscription de Johnson en 1973. Son associé, M. Zaor, a obtenu au cours de la même période des mandats judiciaires. À la suite des critiques constantes du Parti Québécois, M. Boutin a démissionné en juillet 1974 de son poste de député.
Récemment, comme chef de l'opposition, vous avez exigé de Pierre Arcand, devenu ministre du gouvernement de M. Jean Charest, de vendre ses actions dans Métromédia; pourtant, ces actions étaient détenues dans une fiducie sans droit de regard. Cette exigence, vous l'avez, aussi réclamé à l'endroit de David Whissell, qui avait lui aussi transmis les actions qu'il détenait dans une entreprise familiale dans une fiducie sans droit de regard.
Enfin, vous devriez prendre en exemple la décision de Mme Julie Boulet qui, sous la pression de votre parti, a dû vendre ses actions dans l'entreprise familiale G. A. Boulet, fabricant de bottes de cowboy. Elle avait pourtant accepté de les confier à une fiducie sans droit de regard. Elle a dû en outre vendre sa pharmacie parce qu'elle recevait, indirectement, des honoraires du gouvernement en vendant des médicaments sous prescription.
Je vous demande donc: est-ce que vous exigerez de M. Pierre Karl Péladeau que la compagnie Québecor, sous son contrôle, ne puisse vendre de l'espace publicitaire au gouvernement, à défaut de quoi il devra, comme Mme Boulet, vendre ses actions de contrôle?
Je souhaite, au nom de l'éthique et de la moralité, qu'avant le 7 avril, vous déclarerez à la population ce que vous exigerez de M. Pierre Karl Péladeau.
Ronald Poupart
L'auteur a été attaché de presse du premier ministre Robert Bourassa et chef de cabinet du premier ministre Jean Charest