Artéfacts: une offre humiliante

Jeudi dernier, le maire Labeaume, en parlant de la collection d’artéfacts de Parcs Canada, exprimait son désir «de conserver dans nos murs ces témoins de notre histoire».

Je ne doute pas de la sincérité de ses propos, la Ville étant déjà engagée avec l’Université Laval et le ministère de la Culture et des Communications du Québec dans un vaste et exemplaire projet d’un lieu de recherche et centre d’entreposage de ses collections archéologiques au Séminaire de Québec. Mais aujourd’hui, il semble bien que les représentations qu’il a faites auprès du premier ministre Trudeau n’ont pas eu les effets escomptés. Tout ce qu’on lui a proposé était que les «pièces entreposées à Gatineau pourraient faire l’objet d’un prêt pour des expositions à Québec».

Je ne sais pas pour qui on nous prend, mais je trouve humiliant, indécent même, que le gouvernement fédéral nous garroche ainsi des miettes. En ce qui me concerne, cette proposition soulève une fois de plus le problème posé par ce déménagement. Rendus à Gatineau, que veut-on faire de ces objets au-delà de la vitrine et des expositions? Il faudra bien restaurer les artéfacts qui en ont besoin et il faudra surtout les étudier, les faire parler, en un mot exploiter leur potentiel patrimonial. Tous ces aspects étaient déjà pris en considération dans les installations de la gare maritime qui ont été littéralement démolies par le gouvernement Harper après les coupures de 2012 décriées même au niveau international. 

C’est vrai que, avec les années qui passent, cette collection risque de se trouver en mauvais état et je comprends les inquiétudes que l’on a à son sujet. Mais, faut-il le rappeler, le problème a été généré par une mauvaise décision du gouvernement Harper qui, sans consultation aucune avec les intéressés, a décidé de ramener ces objets patrimoniaux, recueillis à la grandeur du Canada, dans la région de la Capitale nationale (Ottawa-Gatineau). 

C’est donc au gouvernement fédéral actuel  de le régler aux meilleurs souhaits des différentes régions. Ah, que j’aimerais donc que le premier ministre, face à mes récriminations, me formule la même réponse qu’il a faite hier à une intervenante en rapport avec les lacunes du système Phénix: «Ce n’est pas nous qui avons créé le problème, mais c’est nous qui allons le régler, ça je vous le promets». Promesse de politicien, me direz-vous, mais quand même mieux que la poursuite du sale travail entrepris par les conservateurs.

Marcel Moussette, archéologue