La tension est haute entre les États-Unis de Donald Trump et la Corée du Nord de Kim Jong-un.

Armer la Corée du Sud et le Japon

Il est malaisé de comprendre les États-Unis. En 2003, sous la présidence de George W. Bush, ils ont envahissent l'Irak en prétendant que Saddam Hussein cache des armes de destruction massive, alors qu'il n'en est rien.
La même année, la Corée du Nord (un des pays formant l'Axe du mal à l'époque, les deux autres étant l'Irak et l'Iran) se retire du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires. En 2006, elle procède à son premier essai nucléaire, mais Bush laisse faire. En 2009, elle procède à son second essai nucléaire, mais Barack Obama laisse faire. Aujourd'hui, la Defense Intelligence Agency (DIA), une agence états-unienne de renseignement militaire, soutient que la Corée du Nord est désormais dotée d'armes nucléaires susceptibles d'être montées sur des missiles intercontinentaux, mais Donald Trump vocifère et laisse faire.
Si les États-Unis craignent tant une intervention militaire en Corée du Nord, il ne leur reste plus qu'une option : annoncer au monde qu'ils procureront la bombe à la Corée du Sud et au Japon pour se défendre à armes égales. Ainsi, l'équilibre sera assuré entre ces derniers et le couple Chine-Corée du Nord, comme il l'est entre les deux ennemis séculaires que sont l'Inde et le Pakistan depuis qu'ils sont détenteurs de l'arme fatale. C'est le meilleur moyen pacifique de mettre fin au chantage intolérable de Kim Jong-un.
Mais il est écrit dans le ciel que la Chine et la Russie refuseront que des alliés des États-Unis les menacent si près de leurs frontières avec l'arsenal nucléaire, comme les États-Unis refusèrent au début des années 1960 que l'URSS se serve de Cuba pour entreposer ses missiles nucléaires. Voilà pourquoi elles mettront les bouchées doubles pour forcer la Corée du Nord à abandonner son programme nucléaire et à faire profil bas. Si elles échouent, les États-Unis n'auront qu'à aller de l'avant.
Sylvio Le Blanc, Montréal