Le dirigeant de la multinationale Apple Tim Cook, lors d'une annonce. 
Le dirigeant de la multinationale Apple Tim Cook, lors d'une annonce. 

Apple, le nouvel IBM

André Verville
André Verville
Lévis
POINT DE VUE / La séquence vidéo orwellienne qui présentait une jeune fille détruisant l’écran devant lequel un auditoire restait pétrifié avait fait grand bruit à l’époque.

On était à la mi-temps du Super Bowl de 1984 et tout le monde avait compris que c’était Apple, brisant le monopole informatique du géant d’alors qu’était IBM. (Voir ici.)

Plus de 35 ans plus tard, IBM existe toujours, mais n’est plus la géante d’autrefois. Apple a simplement pris sa place, en attendant qu’une jeune pousse technologique ne vienne la faire voler en éclats à son tour.

Parce que son tour va arriver. Sous des prétextes de contrôle de qualité, Apple a délesté ses clients de ce qu’ils ont de plus précieux: leur liberté. Liberté de réparer soi-même, liberté de modifier ou d’adapter le produit à ses besoins, liberté d’y brancher d’autres appareils, d’y ajouter de la mémoire et même, chose inouïe, d’en remplacer la batterie.

En résumé, Apple se comporte comme si elle avait conservé le droit de propriété sur ses appareils malgré le fait qu’elle vous les a vendus. Vous n’en êtes plus les propriétaires, mais plutôt les locataires à long terme. Ouvrir un appareil n’est plus toléré: on viole la garantie. Et pour marquer le point et s’en assurer, les composants sont soigneusement collés en place, pour s’assurer que peu de gens s’adonnent à ce jeu rendu volontairement périlleux. Sans parler bien sûr du contrôle des applications qu’on peut y installer, sous prétexte bien sûr de maintien de la sécurité, occasion rêvée pour le fabricant d’extorquer les développeurs et leurs utilisateurs en s’imposant comme intermédiaire de vente et en y prélevant son propre profit.

C’est la lutte contre l’obsolescence programmée et le droit fondamental à la réparation qui mèneront le géant à sa perte. Un jour, une jeune entreprise, plus respectueuse des droits et libertés de ses clients, brisera l’écran, cette fois des iPhones et des iPads, en proposant des appareils dont les composantes pourront être facilement remplacées ou réparées, libérant les adeptes de la marque du lien hypnotique qui les tient actuellement prisonniers.