Allier l'économique et le social pour prévenir la pauvreté

Extraits d'une allocution prononcée devant la Chambre de commerce et d'industrie de Québec le 12 mai 2014
Dans une société comme la nôtre, il est inacceptable de constater qu'encore aujourd'hui, de nombreux enfants vivent et grandissent dans des conditions défavorables ! La pauvreté qui les affecte ainsi que leurs familles et leurs milieux nous concerne tous. Ce n'est pas seulement leur développement qui est compromis, mais c'est aussi celui de toute notre société.
La pauvreté ne doit pas être considérée comme une fatalité. Pour relever le défi de la pauvreté, la Fondation Chagnon soutient depuis maintenant 14 ans le travail de milliers d'organismes et de personnes qui oeuvrent partout au Québec. Elle mise sur l'avenir, c'est-à-dire sur le développement et la réussite éducative des enfants du Québec. Nous croyons que c'est un gage de prévention de la pauvreté qui exige un engagement à long terme et de toutes les sphères de notre société. Au premier chef, nous voulons souligner et valoriser le rôle et la capacité des parents, car ils sont les premiers en mesure de les amener à développer leur plein potentiel.
Du point de vue économique, investir dans la petite enfance et la réussite des jeunes ne peut qu'être bénéfique. Par exemple, notre choix collectif d'investir dans les services de garde est très rentable en faisant augmenter de 70 000 le nombre de Québécoises qui occupent un emploi et circuler 5,1 milliards de plus dans l'économie. Les retombées positives de tels investissements sont indéniables tant sur le plan économique à long terme que sur le plan humain, social, et en particulier en ce qui a trait au développement des enfants.
L'idée de la prévention fait son chemin. Encore trop souvent nos gouvernements sont confrontés aux urgences et occupés à répondre aux besoins immédiats, mais je suis sûr que l'importance d'agir tôt prendra de plus en plus la place qui lui revient pour le bien de notre société. On pourrait même dire que l'urgence est à la prévention !
Le milieu des affaires a donc tout intérêt et la responsabilité de contribuer à créer les conditions qui favorisent le développement et la réussite éducative des enfants, et ce, durant tout leur parcours, de la plus tendre enfance jusqu'à l'âge adulte.
Je suis optimiste. En effet, je suis à même de constater que des centaines de milliers de parents et autant d'éducatrices et d'éducateurs, d'enseignantes et d'enseignants, de bénévoles, d'organismes communautaires, de professionnels, de gestionnaires et d'entrepreneurs sociaux et du monde des affaires s'y consacrent déjà très concrètement, quotidiennement et avec passion. Plusieurs acteurs du monde économique de la région de Québec sont déjà très actifs, que ce soit dans le cadre de la campagne Centraide, par des mesures de conciliation famille-travail, par leur soutien à des initiatives d'organismes communautaires ou des projets d'économie sociale ainsi que par leur implication active dans des regroupements de partenaires. Ensemble, par leurs gestes, leurs décisions et les initiatives souvent novatrices qu'ils mettent en oeuvre, ils entourent chaque enfant, contribuent à son développement, l'encouragent à adopter de saines habitudes de vie et soutiennent les parents et les familles. Cumulativement, ces initiatives portent fruit. J'en veux pour preuve le taux de diplomation qui a fait des gains depuis quelques années. Il ne faut pas lâcher, un peu comme on le demande à nos enfants.
Bref, agissons ensemble! Impliquons-nous! Car ce n'est qu'en conjuguant tous nos gestes que nous constituerons la chaîne humaine nécessaire pour prévenir la pauvreté et pour que les enfants du Québec réussissent à l'école et dans la vie.