L'auteur de cette lettre d'opinion se demande si l’ajout de ressources est la solution la plus efficiente pour la couverture ambulancière.

Ajouter des ambulances ou revoir la pratique?

POINT DE VUE / Bien que la couverture ambulancière d’un territoire donné soit une préoccupation légitime, est-ce que l’ajout de ressources est la solution la plus efficiente?

En région, le préfet de la MRC d’Avignon et maire de Saint-Alexis-de-Matapédia, Guy Gallant, soulève le problème récurrent de ruptures des services ambulanciers dans les villages des plateaux de Matapédia (De meilleurs services ambulanciers réclamés dans les plateaux de Matapédia, ICI Gaspésie, mercredi 13 février 2019). Celui-ci parle d’un problème relié au lieu d’hospitalisation de référence, à la distance entre le poste d’affectation des ambulanciers de la caserne de relève et l’endroit de la desserte, ainsi que du lieu d’attente des ambulanciers en horaire de faction.

En milieu urbain, région de Québec, c’est la qualité de la couverture ambulancière qui semble poser problème (Un décès soulève des questions sur le service ambulancier, Jean-François Néron, Le Soleil, 22 décembre 2018).

Selon le président de l’Association des travailleurs du préhospitalier (ATPH), Frédéric Maheux, le manque de véhicules est toujours criant à Québec même avec l’ajout en 2018 de 40 000 heures de temps d’ambulance par année, l’équivalent de 18 travailleurs à temps plein. Les demandes répétées pour l’ajout d’ambulances sont rejetées par le CIUSSS de la Capitale-Nationale, sans plus d’explication. «C’est un énorme problème. C’est inacceptable», s’offusque-t-il.

Pourtant, il reconnaît que le manque d’ambulance actuel est davantage en lien avec le temps anormalement élevé que doivent passer les paramédicaux à l’hôpital. «En temps normal, une fois le patient pris en charge par l’équipe médicale, je lave mes accessoires et je repars 45 minutes après mon arrivée», raconte-t-il. «Maintenant, on peut passer deux heures ou plus parce qu’il n’y a pas de lit disponible ou que le personnel de l’urgence est lui-même débordé. Nous devons rester auprès du patient tant qu’il n’a pas été pris en charge par l’hôpital.»

Une expérience personnelle récente me conforte dans cette voie. En effet, à la suite d’un accident de vélo que j’ai subi l’été dernier, j’ai été transporté en ambulance pour des examens sommaires dans un centre hospitalier. Libéré par le médecin de garde après 30 minutes, je quitte les lieux sur mes deux pieds et je rencontre mes ambulanciers qui, eux, sont encore à l’hôpital en attente d’être libérés à leur tour. Je ne suis pas resté pour savoir combien de temps additionnel cela avait pris…

J’avoue que j’ai un peu de misère à appuyer la demande des représentants de l’ATPH et qu’il me semble qu’une solution plus efficiente, question d’en avoir pour notre argent, serait de revoir les pratiques en milieu rural et urbain.

Qu’en pensez-vous, citoyens?