Margo Ménard et son fils Sébastien

Aide médicale à mourir: prière de ne pas en appeler

POINT DE VUE / Mon message s’adresse à nos élus des gouvernements fédéral et provincial : Justin Trudeau, David Lametti, Ginette Petitpas-Taylor, François Legault, Danielle McCann et Sonia Lebel.

Le 11 septembre 2019 est un grand jour notamment pour les « grands souffrants adultes aptes rendus à la fin de leur vie » qui ont perdu tout espoir de guérison et d’apaisement de leurs souffrances. Et une victoire éclatante durement gagnée pour Mme Gladu et M. Truchon. Grâce au jugement de l’honorable Christine Beaudoin qui invalide la notion temporelle se trouvant dans les critères d’admissibilité des lois existantes, ils peuvent enfin retrouver la sérénité et espérer une fin de vie digne avec l’aide médicale à mourir (AMM), si tel est leur choix libre, éclairé et lucide.

Avec tout mon respect, je vous demande de ne pas aller en appel et de procéder à la modification des Lois /Aide médicale à mourir et C-14 et Q-2/Soins de fin de vie en conformité avec le Jugement unanime de la Cour Suprême/Arrêt Carter/février 2015 et le Jugement Beaudoin, sans plus tarder. Ces personnes souffrantes et vulnérables ont déjà trop attendu. Tant de drames (jeûnes, suicides violents, aller simple en Suisse, etc.) ont déjà eu lieu au sein de nombreuses familles québécoises et canadiennes; et cela, parce qu’un des leurs répondant pourtant aux autres critères d’admissibilité n’a pu avoir accès à l’aide médicale à mourir sereinement et en sécurité.

De grâce, n’attendez pas que les débats concernant les demandes des personnes inaptes ou mineures ou aux prises avec des problèmes de santé mentale aient eu lieu avant d’agir. Ces graves dossiers méritent qu’on y consacre l’attention et le temps nécessaires vu leur complexité particulière alors que celui des personnes aptes est maintenant limpide.

Enfin, je tiens à exprimer toute ma gratitude envers l’honorable juge Beaudoin pour l’humanité, la compassion et le profond respect de la personne qui se dégagent de ses conclusions. 

Remerciements à Me Ménard ainsi qu’aux membres de la Commission. Et surtout, surtout, admiration et gratitude à madame Gladu et à monsieur Truchon sans qui ce grand pas n’aurait pu être franchi.

Maintenant, pour nos gouvernements, le temps est venu de faire preuve d’infinie compassion et de cohérence en plaçant la personne souffrante au cœur des prochaines décisions et orientations. Et cela, apolitiquement, solidairement, humainement..

Respectueuses salutations.

PS : La promesse faite à mon fils ne plus jamais devoir aller à l’étranger pour mourir dans la dignité, loin de sa famille, de ses proches et de ses soignants.