Paul Walker, «ressuscité» pour terminer Fast and Furious 7.

Acteurs post-mortem

Il y a quelque chose d'étrange dans le dernier Star Wars; et il n'est pas ici question de l'absence de générique déroulant qui ouvre normalement chaque film Star Wars. Avez-vous remarqué que l'acteur britannique Peter Cushing est revenu des morts pour redonner ses traits au glaçant Wilhuff Tarkin, Grand Moff de l'Empire galactique? Cette résurrection numérique plutôt surprenante a été permise à l'aide de CGI (Computer Generated Imagery) et l'utilisation d'un acteur lui ressemblant. Si le résultat n'est pas parfait, c'est pour le moins bluffant.
Et au-delà de l'effet saisissant, le procédé questionne à plus d'un titre. Est-ce que la chose doit être accueillie comme une prouesse technique? Doit-on s'interroger sur son caractère morbide et/ou irrespectueux, et ce même si les héritiers de Peter Cushing ont donné leur accord? Est-ce que Cushing l'aurait souhaité? Et est-ce simplement juridiquement valide? Allons plus loin, est-ce que cela sert un propos ou une direction artistique? Faut-il faire revivre les morts dans l'unique but que les franchises puissent perdurer avec les acteurs «originaux»? Interrogeons-nous sur l'interprétation de l'acteur. À qui appartient la performance d'acteur ou plus existentiellement l'image d'un acteur une fois sa vie terrestre terminée? Il y a à parier que les futurs contrats auront des clauses et mentions à cet effet.
Et ainsi, les scénarios du futur se multiplient. Verrons-nous sortir des films et séries avec des actrices et acteurs décédés? Partant du fait que nous sommes dans l'ère de la nostalgie (la série Stranger Things, le vinyle, etc.), il est assuré que des apparitions de Marlon Brando et Marilyn Monroe, notamment, feraient des millions de vues et clics. 
Le critique François Cau s'interrogeait à ce propos: «Ressusciter les morts sans réelle justification narrative autre que la sidération constitue-t-il le point ultime de la mode nostalgique ou faudra-t-il attendre que Lino Ventura se fasse chier dessus par un pigeon dans Les Visiteurs 4?». 
Allons plus loin, verrons-nous de jeunes talents du grand écran se faire entièrement scanner pour que même de l'au-delà il puisse briller pour la postérité?
S'il y a eu d'autres cas avant Rogue One - pensons à Paul Walker, «ressuscité» pour terminer Fast and Furious 7 - celui de Cushing met la table pour les questionnements présents et d'avenir.
Étienne Boudou-Laforce, Québec