La réforme informatique proposée par le ministre Caire est-elle réaliste ou utopiste?

À trois clics d’un gouvernement intelligent

En réaction à l’article «Gouvernement intelligent?» de la journaliste Patricia Cloutier paru le 5 avril

Éric Caire, ministre délégué à la transformation numérique gouvernementale, vient de déposer son projet de loi 14, visant à simplifier l’accès de la population aux services gouvernementaux. «Gouvernement intelligent», c’est un beau slogan! 

Certes, l’intelligence artificielle, voire les technologies de l’information, offre beaucoup de possibilités d’avenir. En l’occurrence, nos services publics pourraient définitivement fonctionner encore plus efficacement, que ce soit en matière de santé, d’emplois, d’éducation, d’aide sociale, d’habitation, de respect des droits de la personne, etc. Mais quel est l’état des lieux actuellement? D’abord et avant tout, les gains attendus ne devraient-ils pas passer par une restructuration des ministères et organismes, occasion unique d’examiner leurs modèles opérationnels et décisionnels afin de maximiser la rentabilité de la fonction publique à long terme, actuellement compartimentée en silos et hiérarchisée de telle sorte qu’ils sont un frein au développement des services en ligne, lesquels nécessitent des échanges continus et conviviaux avec les citoyens? 

Par ailleurs, personne n’est contre la protection des renseignements personnels et la vie privée. Justement, peut-être bien qu’il faille aussi repenser ces mécanismes de protection à long terme. Malheureusement, la paperasserie administrative et les contrôles à outrance qui prévalent toujours nuisent à la fluidité espérée des communications de la population avec les organisations publiques. Alors, quelle bonne idée, M. Caire, de vouloir mesurer au préalable la tolérance des citoyens à cet égard? Et pour cause : tout projet gouvernemental d’envergure, aussi louable soit-il, n’a-t-il pas un prix à payer pour les contribuables? 

Vous comptez vraiment aller de l’avant et aussi rapidement avec «Accès UniQc» même si vous n’avez aucune idée de ce qu’il en coûtera, des calendriers de réalisation et de la quantification des bénéfices attendus? 

Il serait regrettable de faire fi des ratés de projets informatiques déjà connus dans l’administration gouvernementale, en comptant essentiellement sur la formation des cadres du gouvernement, aussi performants et volontaires soient-ils, pour construire avec succès une plate-forme informatique, complexe et évolutive, qui réponde aux besoins des citoyens. Et peut-être bien qu’il faudra également prévoir une formation pour toutes les clientèles auxquelles s’adressera cette stratégie numérique leur promettant une réponse à trois clics de leurs demandes. C’est rapide ça!

Est-ce vraiment réaliste ou utopique d’annoncer le déploiement d’une telle plate-forme d’ici une année?