Une vue de l'immeuble à partir de l'intersection de la 13e Rue et de la 1ere Avenue.

À échelle humaine, à hauteur d’escalier

Comment la Ville de Québec et sa Commission d’urbanisme espèrent-elles convaincre une majorité de citoyens des bienfaits de la densification si celle-ci rime trop souvent avec hauteur et laideur?

L’annonce du projet Hedley, près de l’hôpital Saint-François D’Assise, en est un bon exemple. Le zonage actuel permet au promoteur de construire jusqu’à cinq étages, ce qui est déjà plus haut qu’un grand nombre de bâtisses du coin accessibles grâce à leur typique escalier de fer. 

Bien sûr, ce même promoteur préférera baser sa demande de dérogation sur la présence du Flandre, une tour de 14 étages, un furoncle et erreur du passé, située non loin de là. Il en a le droit, mais la conseillère du district Limoilou, Mme Verreault, qui de plus est la présidente de la Commission d’urbanisme, elle, a le devoir de le lui refuser pour plusieurs raisons.

Premièrement, on ne répare pas une erreur en en commettant une autre. La nouvelle tour ne cadrera pas davantage que la première. Quarante ans dans son ombre et son vent n’ont pas réussi à la rendre acceptable aux gens de Limoilou. De plus, notre quartier est déjà l’un des plus denses de Québec et oui, le promoteur peut y participer en construisant des maisons de ville ou de sympathiques triplex.

Deuxièmement, la circulation est déjà très problématique dans le quadrilatère et la présence de 123 logements et voitures additionnelles n’aiderait en rien et rendrait les déplacements piétonniers et cyclistes dangereux. Il est à noter que de nombreux enfants traversent cette avenue pour aller à l’école ainsi que plusieurs personnes âgées qui se rendent à l’hôpital.

Finalement, la Commission d’urbanisme et les conseillers de l’arrondissement La-Cité Limoilou doivent jouer un rôle actif pour freiner la spéculation foncière. En effet, le promoteur connaissait très bien le zonage lorsqu’il s’est porté acquéreur de l’église Saint-François D’Assise. S’il n’était pas rentable de l’acheter dans ces conditions, il n’avait qu’à passer son tour. Ajuster le zonage par la suite revient à dédouaner les erreurs d’évaluation du promoteur et surtout à encourager tous les futurs promoteurs-gamblers à acheter à gros prix des terrains puisque, de toute manière, ils obtiendront bien une dérogation complaisante. Ceci doit arrêter si l’on veut que les citoyens acceptent la densification. Celle-ci sera à échelle humaine, donc à hauteur d’escalier, ou ne sera pas.

Dominic Martin, Québec