La NASA a annoncé, la semaine dernière, la découverte d'un système de sept planètes, dont trois pourraient contenir de l'eau.

Prêts pour un autre monde?

«La question n'est plus de savoir si nous allons découvrir une deuxième planète Terre, mais plutôt quand.» C'est ce qu'a conclu un responsable de la NASA, lorsque l'agence a annoncé, la semaine dernière, la découverte d'un système de sept planètes, dont trois pourraient contenir de l'eau. D'ici 10 ans ou moins, on sera même en mesure de dire si on y détecte des traces de vie.
Les télescopes braqués sur l'espace nous offrent l'occasion de nous évader du bombardement incessant des nouvelles sur Donald Trump, ou la politique québécoise, ou canadienne. De contempler quelque chose qui dépasse autant les limites de nos préjugés que celles de notre système solaire.
Ce domaine de recherche explose, comme on a vu avec l'informatique après l'apparition des premiers ordinateurs personnels. Le lancement du télescope spatial James Webb, prévu pour octobre 2018, va encore accélérer le rythme, et les découvertes de nouveaux systèmes planétaires vont se multiplier.
Entre 1992, année où on a découvert la première «exoplanète» et 2013, on a découvert environ 900 planètes en-dehors de notre système solaire. Dans les trois années qui ont suivi on en a ajouté 2000 à cette liste, qui en comptait 3583 en date du 22 février. Bientôt on franchira la barre des 10 000, puis 100 000, puis un million...
Et nous n'aurons qu'effleuré la surface. Les systèmes planétaires dans notre seule galaxie se comptent par milliards.
Cette exploration nous forcera à ouvrir nos yeux et nos esprits. S'il nous est possible de développer les technologies qui nous permettent de découvrir et d'épier ces mondes éloignés, on peut logiquement accepter la réciproque: qu'une autre civilisation éloignée puisse, théoriquement, aussi nous trouver et nous observer. Là encore, la question n'est pas tant de savoir si c'est bien le cas, mais plutôt combien de temps faudra-t-il avant qu'on soit en mesure de le démontrer. 
Mais sommes-nous vraiment prêts pour une telle découverte, et les remises en question qui en découleront? Ça c'est une autre histoire.
La découverte d'un signal «intelligent» en-dehors de notre système solaire provoquerait un débat comparable à celui qui a déchiré l'Église à l'époque de Galilée. Elle remettrait en question, une fois de plus, notre place dans l'univers. Ceux et celles qui persistent à croire que l'humanité est à l'image de leur divinité, celle qui aurait créé ce monde, se résigneront difficilement à une place beaucoup modeste dans l'écosystème galactique. 
Passerons-nous alors de la xénophobie à une sorte d'exophobie? Espérons que non. La plupart d'entre nous sommes fascinés, émerveillés par cette quête, avides d'en savoir plus sur l'univers encore mystérieux où nous vivons. Cette soif de connaissance, ce besoin de repousser nos frontières n'est pas sur le point de disparaître, mais il s'est toujours buté à un besoin tout aussi puissant d'en créer de nouvelles, quitte à les fermer par des murs. 
Le système planétaire TRAPPIST-1, découvert par les astronomes, se trouve à 40 années-lumières d'ici. Notre collègue Stéphane-Billy Gousse nous signale que c'est assez près pour que des ondes radio, émises de la Terre avant 1976, aient pu s'y rendre. Et de très hypothétiques habitants auraient même eu le temps de répondre à un signal émis avant 1936. 
Et mieux encore, ils n'apprendront l'élection de Donald Trump qu'en 2056.