À Saint-Roch-de-l'Achigan, une majorité écrasante de citoyens s'est prononcée contre l'implantation d'un aérodrome.

Petits aérodromes: à quand une réglementation sur le bruit des aéronefs?

POINT DE VUE / Le référendum récent qui a été tenu à Saint-Roch-de-l’Achigan sur l’implantation d’un aérodrome était on ne peut plus clair. Avec un taux de Non à 95 %, même en admettant que les gens qui se sont déplacés pour voter étaient majoritairement contre et que ceux et celles en faveur se sont probablement abstenus, le message est clair : plus personne ne veut d’aérodrome dans son voisinage.

La saga judiciaire entre la Ville de Lévis et le petit aérodrome de Pintendre, pourtant bien installé depuis des décennies, pointe dans le même sens. Dans ce cas, une installation très bien tolérée devenait tout à coup plus dérangeante en raison des multiples décollages bruyants d’un avion transportant des parachutistes, justement les fins de semaine où la population environnante aimerait peut-être jouir du calme et de la sérénité des beaux jours de l’été.

Les petits aérodromes deviennent hyperactifs lorsque les gens sont en congé. Les pilotes privés en profitent pour faire un tour et les horaires des écoles de pilotage, des clubs de parachutisme et des compagnies qui offrent des tours d’avion et d’hélicoptère sont pleins.

On sait tous que c’est le bruit des moteurs qui est en cause. En aéronautique, une majorité des moteurs est issue d’une conception qui date de plusieurs décennies, conception simpliste à outrance qui ne peut même pas tolérer le plus simple dispositif de réduction du bruit des gaz d’échappement. Qui plus est, il est impossible d’y effectuer une modification sans autorisation, sous peine de perdre la certification de navigabilité de l’appareil.

Comme si la chose n’était déjà pas si complexe, l’aéronautique est de juridiction fédérale et les exploitants d’aérodrome peuvent se soustraire à toute réglementation municipale ou provinciale comme le zonage ou la protection des terres agricoles. Ils peuvent donc presque faire fi de toute grogne locale qui s’exprime par ces canaux juridiques ou politiques. L’échec de la Ville de Lévis en justice contre l’aérodrome de Pintendre le confirme.

L’aviation est donc victime d’un grave problème d’adaptation au monde moderne. La vie d’un aéronef est beaucoup plus longue que celle d’une automobile et ces «bruiteurs» équivalents à des motards volants équipés de straight pipes vont continuer à polluer notre environnement sonore pour des années, sans qu’on y puisse quoi que ce soit.

Il est grand temps que les autorités réglementaires des pays se penchent sur la question avec de nouvelles règles d’émission de bruit pour la certification de nouveaux appareils. On pourra peut-être alors espérer que, petit à petit, les petits appareils bruyants deviennent de moins en moins nombreux. Ça prendra peut-être 50 ans avant que la situation ne s’améliore. Malheureusement, pour l’instant, et pour un avenir prévisible, les aérodromes locaux continueront d’être des plaies pour leur voisinage.