Pensez à mon école, M.Legault

Cher premier ministre. Je m’appelle Sophie et je suis étudiante de cinquième secondaire à l’école Pointe-Levy. Je viens d’être élue à la présidence de mon école. J’ai des convictions pour l’avenir de mon école que je quitterai dans moins d’un an, accomplie et fière.

Selon moi, la population de l’école et leurs besoins sont des enjeux primordiaux. C’est pourquoi, pendant la campagne qui vient de se terminer, j’ai élaboré des plans pour améliorer, non seulement l’ambiance générale de l’école, mais aussi la qualité de vie de ses étudiants. 

Une école secondaire publique exemplaire est une démocratie. Elle inclut tous les programmes (Formation générale, PALS, PEI, Langues et Multimédias) et fait participer les jeunes. Les promesses électorales majeures sur lesquelles j’ai été élue sont ambitieuses, mais réalisables. Malheureusement, l’école Pointe-Levy les voit d’un autre angle. Je n’ai pas le support que je désirerais pour réaliser ces idées. 

Monsieur le premier ministre, si vous teniez vos promesses, nos rideaux de douche dans les vestiaires ne seraient pas déchirés et troués. Si vous investissiez dans les écoles secondaires publiques, vous installeriez des distributrices à tampons dans les toilettes des filles, pour que ce ne soit pas un obstacle à arriver à l’heure à mon cours et que je puisse avoir la même qualité d’éducation que si j’étais un garçon. Monsieur Legault, si l’éducation était une de vos priorités, nous aurions plus de micro-ondes dans la cafétéria. 

Plusieurs étudiants mangent leur repas froid et finissent par le jeter. Monsieur le premier ministre, «un parcours d’apprentissage adapté jusqu’à 18 ans» commence par le droit de manger chaud. Quand on revendique ce droit, on se fait dire «Vous avez juste à ne pas tous manger en même temps.» Ce n’est pas pour rien que c’est un projet populaire, il est nécessaire. Comme présidente j’ai un budget de 0 $ pour améliorer ces conditions. 

À Pointe-Levy, il manque de micro-ondes, d’installations sanitaires, de casiers, mais aussi, et surtout, de professionnels en milieu scolaire. Dans d’autres écoles, il manque de professeurs, d’espace, de planification, et tous ces problèmes ne sont que des symptômes d’une situation qui m’inquiète, en tant qu’élève. Vous promettez un environnement d’apprentissage beau et stimulant, mais comment peut-on atteindre la réussite lorsque nos besoins de base ne trouvent pas réponse? 

Cette année, je veux faire une différence et agrémenter la qualité de vie des élèves de mon école secondaire. Vous avez de l’influence, monsieur le premier ministre, pensez à nous. Nous sommes l’éducation, la génération future, celle qui votera dans quatre ans, celle qui est ambitieuse et qui a besoin de soutien. Le réel besoin vient de beaucoup plus loin. Selon la pyramide de Maslow, «Cette représentation a véhiculé l’idée selon laquelle un besoin doit être satisfait à 100 % avant que le besoin suivant émerge.»

Comment puis-je me réaliser et m’accomplir si, lorsque j’ai besoin d’aide, il n’y a personne à l’école de formé pour m’écouter? Est-ce qu’une «remise à niveau du parc immobilier scolaire» veut dire que nous pourrons étudier gratuitement dans un environnement favorable jusqu’à l’université? Mettre un pansement sur la plaie ne guérira pas la blessure. Je crois fortement que ces mesures sont primordiales, fondamentales, concrètes et indispensables. 

Je conçois plusieurs solutions comme des pétitions pour ouvrir les yeux de la direction, des levées de fonds et surtout, écrire. J’écris pour faire entendre ma voix et me faire prendre au sérieux. François Legault, même si je ne crois pas en vous, j’ai espoir que vous allez m’écouter et faire quelque chose pour nous, pour vos citoyens, votre population, celle qui votera pour vous si vous prenez les bonnes décisions.

Sophie Bélisle, Lévis