L'auteur de cette lettre d'opinion demande à l’Ordre des pharmaciens d'appuyer Olivier Bernard, dit le «Pharmachien» dans son œuvre.

Pause du «Pharmachien»: une autre victoire de la bêtise humaine, du charlatanisme et des groupes d’intérêt

NOTE DE LA RÉDACTION DU SOLEIL: Une version initiale de cette lettre ouverte faisait mention du retrait temporaire de l’émission du «Les aventures du Pharmachien» des ondes de Radio-Canada. Or, il n’en est rien, Olivier Bernard ayant plutôt indiqué faire une pause du débat sur les injections de vitamine C. Nos excuses.

L'intimidation dont a été victime le Pharmachien est bien dommage, car à ma connaissance, Olivier est un des rares pharmaciens qui honore vraiment son mandat d’informer et protéger le public. 

Ce qu’il a fait comme travail aurait dû être fait par l’Ordre des pharmaciens du Québec. En effet, le rôle d’un ordre professionnel est de protéger le public. Le problème de plusieurs ordres professionnels, comme c’est le cas pour l’ordre des pharmaciens, c’est qu’ils ont bien souvent un côté corporatiste trop développé. En d’autres termes, ils défendent l’intérêt de leurs membres avant ceux du public. Dans le cas des pharmaciens, leurs membres sont bien souvent des gens d’affaires qui font beaucoup d’argent avec des produits inutiles comme ceux de l’homéopathie et de la naturopathie. 

Ces deux domaines ont fait l’objet de chroniques assez percutantes du Pharmachien. En faisant appel aux meilleures informations scientifiques disponibles et en faisant témoigner des scientifiques, je pense que le Pharmachien est devenu une menace pour les businessmen de la pharmacie, d’où l’énorme pression et les menaces dont il fait l’objet. 

Bien entendu, grâce à la magie d’Internet et des réseaux sociaux, il est souvent impossible de faire le lien entre les menaces et leurs véritables auteurs. 

Il est bien triste de constater que la science a toujours autant de difficulté à s’affirmer. Le cas du Pharmachien s’ajoute à bien d’autres dont le réchauffement climatique n’est pas le moindre. Pourtant, nous ne sommes plus à l’époque d’Aristote. Prenons le cas de l’homéopathie par exemple, il est difficile de comprendre (c’est un véritable mystère pour moi) pourquoi des personnes font confiance à des produits qui ne sont carrément que de l’eau pure ou du sucre ou de la farine. Ce qui est bien difficile à comprendre est pourquoi ces produits homéopathiques n’ont aucune démonstration à faire quant à leur efficacité avant d’être mis en marché.

Comme il s’agit d’intérêt public, je pense que l’État devrait s’en mêler. Si tous les millions, je dirais même les milliards, consommés en produits inutiles étaient dirigés vers la recherche scientifique, nous aurions déjà trouvé de vrais remèdes et des traitements pour plusieurs maladies. Il est donc d’un grand intérêt pour l’État de faire du ménage dans tous ces produits qui relèvent plus du charlatanisme que des véritables soins de santé.

J’offre donc mon appui total à Olivier Bernard afin qu’il continue son œuvre d’information et d’éducation. Je demande de plus à l’Ordre des pharmaciens de l’appuyer dans son œuvre, à défaut de le faire lui-même.