Les émondeurs ont coupé le 21 juin certains des arbres du boisé encadré par l’école secondaire De Rochebelle.

Parlons arbres

POINT DE VUE / Récemment, la Ville de Québec a donné la permission de raser, à la sauvette d’ailleurs de peur que le débat s’envenime, 27 arbres du boisé de l’école Rochebelle à Sainte-Foy pour en faire un stationnement.

C’est franchement une régression en 2019, alors qu’on débat partout du sort de la Planète.

À ces bonnes gens qui sont allés de cette permission, il faudrait peut-être leur rappeler ce que c’est un arbre, en quoi il nous est essentiel pour notre santé. L’arbre travaille pour nous, et nous n’en sommes même pas conscients.

Je cite ici le grand biologiste et botaniste français de l’Université de Montpellier, Francis Hallé qui y va bien poliment de ces mots:

Une bonne question à se poser lorsque l’on est devant un gros arbre est : «d’où vient la matière de cet arbre? D’où sortent ces centaines de mètres cubes de bois?» La question est légitime puisqu’il y a un siècle ou deux, il n’y avait rien à cet endroit, seulement une graine. Nos contemporains répondent souvent : «cette matière sort du sol», mais cela n’est pas exact, ce qui sort du sol est quantitativement infime. La matière de l’arbre provient de l’air; l’arbre est objectivement fait de polluants volatils, réunis par une épuration atmosphérique qui a le mérite d’être gratuite : pour faire 1000 kg de bois, l’arbre absorbe 1851 kg de gaz carbonique.

Cette vieille mentalité si ancienne de roi de la Nature n’a plus de sens aujourd’hui. Il faut se réveiller enfin. C’est bien plutôt nous qui avons tellement besoin des arbres. Pourquoi les couper? Les jeunes qui ont manifesté leur désaccord avaient pleinement raison. Le politique ou la technocratie a erré.

Francis Hallé, Philosophie du végétal, un collectif dirigé par Quentin Hiernaux et Benoît Timmermans, Paris, Vrin, 2018, p. 78.