Paradoxe de la souveraineté

Décider pour le changement, ça ne peut pas se faire quand tout va bien. La nature humaine étant ce qu’elle est, le statu quo est toujours notre premier choix, à moins d’un inconfort suffisant pour nous amener à changer.

Lorsqu’il a été au pouvoir, le Parti Québécois a depuis toujours tenté de défendre les intérêts du Québec face à Ottawa. Sa seule présence a sans aucun doute contribué à de nombreuses concessions d’Ottawa, afin d’apaiser les craintes du rest of Canada face à l’indépendantisme, qui a culminé près du point de rupture au référendum de 1995. Avec la loi 101, il a réussi à calfeutrer le trou béant que constituait l’anglicisation de sa population. Une fois la poussière de 1995 retombée et malgré une constitution canadienne toujours pas entérinée par le Québec, on peut tout de même affirmer que la situation économique et sociale du Québec dans le Canada est aujourd’hui moins mauvaise qu’il y a 50 ans.

Aujourd’hui en 2018, si on se met du point de vue souverainiste, on constate que le mal est fait. À trop vouloir se montrer «bon gouvernement» et à tenter, avec un certain succès d’améliorer la situation du Québec, les péquistes se sont tirés dans le pied. Les souverainistes québécois, qu’ils soient péquistes ou solidaires, auraient toujours dû refuser de prendre le pouvoir sans un pourcentage de votes qui dépasse 50 %, seul indice valide et incontestable que la population est mûre pour un référendum sur la souveraineté.

Ne pas accepter le pouvoir et le laisser à des fédéralistes mous et inconditionnels aurait en quelque sorte «encouragé» le fédéral et les autres provinces à poursuivre leur Québec bashing et à exaspérer la population du Québec. C’est cette motivation d’insatisfaction qui manque toujours lorsque vient le temps de prendre une décision en faveur du changement.

Les péquistes ne l’ont toujours pas compris mais ils vont peut-être avoir le temps d’y réfléchir. De toutes manières, ils devront attendre patiemment la prochaine crise constitutionnelle, dans cent ans peut-être, parce que pour l’instant, personne ne veut réveiller le monstre qui dort.

André Verville
Lévis

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EN ATTENDANT LA RÉPUBLIQUE

Bravo! aux 940 candidates et candidats pour leur participation aux élections générales du 1er octobre 2018. Le fait que monsieur Lisée ait été battu va sûrement aiguiller l’attention du PQ sur la nomination d’un nouveau chef pendant que moi, le musicien sans frontières, ferai la promotion d’une république constitutionnelle pour le Québec (un Québec ayant sa propre constitution) tout en demeurant membre d’un Canada confédéré au lieu d’une fédération canadienne, faisant ainsi place à un véritable changement tel que prévu et désiré par la Coalition avenir Québec.

Alain Cyr
Québec