Oui à une politique des aînés!

Il y a quelques années, dans une lettre ouverte, nous rapportions des situations touchant la santé et la sécurité des aînés au Québec : fermeture de lits dans les CH, temps d’attente aux urgences, fonctionnement déficient des GMF, accès difficile aux médecins de famille, difficultés de recevoir des soins spécialisés en région, manque de soins palliatifs et de fin de vie à domicile, manque de formation au personnel en CHSLD, soins et services à domicile déficients, lacunes au niveau de la sécurité dans les maisons d’hébergement, abus et maltraitance, etc.

Aujourd’hui, qu’observons-nous? À quelques exceptions près, les mêmes déficiences perdurent et certaines s’aggravent comme la pénurie de main-d’œuvre dans plusieurs secteurs qui touchent les aînés, bris de services spécialisés dans certains CH. On a modifié la structure, tenté d’apporter des correctifs ici et là, mais malheureusement, sans coordination apparente. De plus, nous constatons que la situation financière de beaucoup d’aînés est précaire et que plusieurs s’appauvrissent davantage. L’augmentation des rentes est inférieure à la hausse du coût de la vie.

En octobre 2007, au Bas-Saint-Laurent, lors d’une rencontre à laquelle j’assistais, la ministre responsable des aînés au gouvernement de l’époque, Marguerite Blais, disait ceci : «On se rend bien compte, en parcourant le Québec, que nous avons l’obligation de nous donner une vision beaucoup plus large des conditions de vie de nos aînés [...] de voir comment notre société veut accueillir ces aînés et ces familles donc, de développer une vision prospective, et peut-être aller jusqu’à une politique des aînés. En tout cas, nous sommes dans ce mode de réflexion-là.»

Or, aujourd’hui, que dirait Mme Blais, qui est à nouveau ministre responsable des aînés sous le nouveau gouvernement en place? Elle pourrait possiblement répéter le même message qu’en 2007.

Nous savons tous que d’ici quelques années, l’espérance de vie n’aura pas diminué et que 25 % de la population du Québec aura plus de 65 ans.

Selon moi — et je ne suis pas le seul —, le nouveau gouvernement doit mettre en place rapidement un vaste chantier sur la question. Il lui faut réunir les ministères et les organismes concernés, les intervenants sociaux-économiques, le monde médical, les associations et les regroupements de citoyens impliqués afin d’en arriver à un plan global et concerté à propos de cette problématique à laquelle nous faisons face.

Il faut bouger! Le temps presse, il y a urgence!

Normand Bérubé, membre de l’Association québécoise des retraités des secteurs public et parapublic, Matane