Depuis 2014, Ostéopathie Québec milite activement pour un meilleur encadrement de la pratique ostéopathique par la création d’un nouvel ordre professionnel des ostéopathes du Québec.

Ordres professionnels: les partis doivent s’engager

Alors que les électeurs québécois seront bientôt appelés aux urnes, le temps est venu pour les quatre principaux partis politiques d’annoncer leurs engagements en matière de protection du public. Une question qui apparaît des plus importantes pour Ostéopathie Québec, dont l’expérience des dernières années démontre toute la nécessité d’en faire une priorité.

Récemment, le Conseil interprofessionnel du Québec (CIQ), qui regroupe l’ensemble des 46 ordres professionnels réglementant 54 professions dans la province, a pris position en réclamant la création, après les prochaines élections, d’un nouveau poste de ministre entièrement consacré à l’application des lois professionnelles et au système d’encadrement des professions. Une responsabilité qui incombe actuellement à la ministre de la Justice, alors que celle-ci a déjà un agenda extrêmement chargé avec tous les chantiers présentement en cours de réalisation au sein de son ministère.

En tant que plus grande association d’ostéopathes représentant plus de 1500 membres qualifiés aux quatre coins de la province, l’amélioration de la protection du public est une priorité pour Ostéopathie Québec. En ce sens, nous partageons les préoccupations du CIQ et nous appuyons ses demandes. En effet, nous sommes d’avis que l’encadrement des professions et la protection du public nécessitent une attention toute particulière de la part d’un ministre qui pourrait s’y consacrer à temps plein. Quand il est question de la sécurité et de la vie des gens, on ne peut tout simplement pas lésiner sur les moyens afin de s’assurer du maintien des standards de pratique les plus élevés pour chacune des professions réglementées.

Comme l’affirmait la présidente du CIQ, Gyslaine Desrosiers, la création d’un ministère à part entière garantirait une plus grande cohérence de l’action gouvernementale, considérant que les ordres professionnels doivent actuellement traiter avec près d’une dizaine de ministères différents, en plus de simplifier la mise à jour continue du cadre légal et réglementaire du système professionnel. C’est une vision à laquelle Ostéopathie Québec adhère totalement.

Une bataille de tous les instants

Le message du CIQ pour une meilleure protection du public rejoint directement les objectifs et la mission de notre association. En effet, depuis 2014, Ostéopathie Québec milite activement pour un meilleur encadrement de la pratique ostéopathique par la création d’un nouvel ordre professionnel des ostéopathes du Québec.

Après plusieurs années de représentations auprès de diverses instances gouvernementales, nous sommes confiants de voir s’officialiser, au cours des prochains mois, la création d’un tel ordre. Cela ne s’est toutefois pas fait sans que de nombreux délais ne viennent retarder l’avancement des travaux menant au résultat souhaité dans ce dossier.

En effet, nous avons été à même de constater, dans le cadre de nos démarches, à quel point le ministère de la Justice peut parfois être engorgé, ce qui a pour conséquence malheureuse de ralentir l’avancement de certains dossiers. Dans le cas du dossier de l’encadrement des ostéopathes, nous sommes d’avis qu’il aurait pourtant dû être traité de façon prioritaire compte tenu de son importance et des risques potentiellement engendrés par de tels retards pour la protection du public. Or, plus de quatre ans après le début des démarches, nous sommes toujours en attente d’une décision finale et le public québécois n’a toujours pas droit aux protections légales qui nous apparaissent nécessaires.

Donner le ton

Si les questions relatives au système professionnel et à la protection du public ont rarement été des priorités pour les différents élus qui se sont succédés à la tête du ministère de la Justice du Québec au cours des dernières années, ce n’est pas faute de prendre ces dossiers au sérieux. C’est plutôt par manque de temps et de ressources pour pouvoir véritablement y consacrer toute l’attention qu’ils méritent. Force est de constater que gérer l’application de 800 règlements et 26 lois professionnelles régissant le travail de près de 400 000 professionnels est loin d’être une mince tâche…

Cette situation ne peut plus durer. Devant un tel constat, nous croyons qu’il est plus que jamais temps que ça change, et nous invitons les aspirants premiers ministres du Québec à s’engager fermement à faire de la protection du public une véritable priorité de leur gouvernement au lendemain du 1er octobre, en nommant un ministre responsable du système professionnel québécois.

Marc Gauthier, Président Ostéopathie Québec