Kathy Baig

Ordre des ingénieurs : pour une profession forte et fière

Depuis maintenant deux ans, l’Ordre des ingénieurs du Québec a été mis sous administration.

Quelle que soit notre opinion à l’égard de cette décision, je peux vous affirmer que ces deux années d’actions intensives au sein de l’Ordre ont porté leurs fruits et qu’il est temps de procéder à la levée de cette tutelle.

L’organisation, en plus d’avoir renforcé ses mécanismes de protection du public et de consolider sa gouvernance, affiche désormais une excellente santé financière. Elle possède également un plan d’action clair mis en œuvre par une équipe de gestion renouvelée. De plus, son bilan des deux dernières années montre des résultats exemplaires :

  • réduction de 67% du temps moyen des enquêtes disciplinaires;
  • renouvellement au sein de la direction et du conseil d’administration;
  • adoption d’un plan d’action exhaustif et mesurable (Plan ING2020).

De plus, le public a retrouvé confiance en la profession. Selon un sondage Ipsos de décembre 2017, 73 % de la population a confiance dans le travail des ingénieurs, comparativement à 49 % en 2013.

L’Ordre se démarque aussi par de nouvelles initiatives, notamment pour réduire de manière significative le délai d’obtention du permis d’ingénieur pour les professionnels formés à l’étranger. Une nouvelle règlementation est entrée en vigueur au printemps 2018 pour concrétiser cette nouvelle approche et nos actions ont été saluées par plusieurs chefs de file des milieux sociaux et économiques.

Grâce à la mobilisation des employés de l’Ordre et avec l’appui de la direction, des membres du conseil d’administration et des parties prenantes, nous avons travaillé à ce que ce changement de culture soit profond et durable, qu’il reflète la persévérance dont l’Ordre a su faire preuve.

Reconnaître le travail accompli

Alors que l’Ordre est en mesure d’assurer pleinement son rôle, le maintien sous administration entretient un doute sur la qualité du travail des 65 000 professionnels du génie et sur la capacité de l’Ordre de réaliser sa mission.

Pourtant, les ingénieurs poursuivent avec rigueur leurs activités professionnelles qui créent tant de valeur pour l’ensemble du Québec, du Canada et à l’international. De la même façon, le personnel de l’Ordre agit avec intégrité et diligence pour la protection du public.

Nous nous réjouissons que le nouveau gouvernement soit à l’écoute des ambitions de l’Ordre en nous offrant la possibilité de rencontrer ses représentants et de poursuivre les discussions. Au terme de ces deux années de mise sous administration, il est donc temps de reconnaître les résultats obtenus par l’Ordre des ingénieurs du Québec et la qualité du travail accompli quotidiennement par ses membres en procédant à une levée de cette tutelle.

Alors que l’ensemble des dossiers sont sous la révision des ministres qui apprivoisent leurs nouvelles responsabilités, nous invitons la ministre de la Justice à considérer en priorité ce dossier. Maintenant que les derniers jalons importants ont été franchis, redonnons à l’Ordre des ingénieurs du Québec ses lettres de noblesse et la fierté qu’ont les 65 000 ingénieurs de bâtir le Québec de demain.

Trente personnes, ingénieurs, universitaires, étudiants, dirigeants d’entreprise et d’association, ont cosigné cette lettre.

Kathy Baig, ing., présidente

Ordre des ingénieurs du Québec