Il y a dans la région une augmentation quasi logarithmique de patients orphelins laissés pour compte par le départ de leur médecin.

On doit remettre en question le plan régional d’effectifs médicaux

En réaction à l’article d’Elisabeth Fleury «4000 patients orphelins de plus à Québec» paru le 6 février

Il est à la fois désolant et ahurissant de lire jour après jour dans Le Soleil, les articles d’Élisabeth Fleury sur le manque de médecins de famille qui existe et qui se dessine encore davantage, dû au départ à la retraite de médecins qui ne sont pas remplacés en raison, surtout, du manque de postes disponibles selon le plan régional d’effectifs médicaux (PREM).

Il y a dans la région une augmentation quasi logarithmique de patients orphelins laissés pour compte par le départ de leur médecin.

Ces malades doivent alors s’inscrire au guichet d’accès à un médecin de famille (GAMF) et le délai moyen d’attente est de 355 jours dans la région, soulignait la journaliste.

Du côté des médecins, ils sont hantés par leur départ souvent prévu de longue date, alors qu’ils savent qu’ils ne seront pas remplacés et que leurs patients en souffriront.

Il est plus que temps que l’on remette en question les PREM comme ils sont élaborés et que, s’il manque 50 médecins dans la région, comme le dit l’Association des médecins omnipraticiens de Québec, qu’on les recrute. Les jeunes diplômés vont se bousculer si les règles changent. La rigidité n’a plus sa place et crée les situations que l’on voit.

D’autres solutions pourraient aussi être envisagées, comme des postes partagés entre deux ou trois médecins, par des préretraités, par exemple. Comme dans d’autres domaines, des retraités pourraient être appelés à la rescousse à l’occasion, sans qu’ils aient à occuper un poste.

L’inscription à un groupe de médecins plutôt qu’à un seul, lorsque possible, pourrait devenir la norme pour assurer la continuité des soins.

Par ailleurs, on sait que ces dernières années, plusieurs postes de résidence de médecine familiale restent vacants au Québec. Qui voit cela, voit un manque de médecins à venir.

Le MSSS dit que les étudiants sont dorénavant plus nombreux à choisir la médecine familiale. C’est le cas et il reste moins de postes vacants, mais les chiffres peuvent être trompeurs.

En effet, en consultant le site du CARMS (Le Service canadien de jumelage des résidents), on se rend compte qu’un nombre appréciable des étudiants ayant choisi la médecine familiale depuis les trois dernières années choisissent de faire leur résidence dans une autre province et ils risquent donc de ne pas revenir au Québec, surtout si les conditions de pratique ne sont pas favorables. Ils seraient 23 en 2019.

Tout cela n’augure rien de bon et le MSSS a beau mettre sur pied un comité d’experts pour évaluer le GAMF comme le rapporte madame Fleury, le gain n’est pas là, mais entre autres du côté des PREM, les postes disponibles pour les nouveaux médecins.