Nouveau chef conservateur ou gagner à la loterie

POINT DE VUE / Ça y est, avec la démission d’Andrew Sheer, le parti Conservateur du Canada est entré hier en mode recrutement pour son prochain chef. Déjà que le chef démissionnaire ne remplissait pas la grille des pré-requis, la commande apparaît scientifiquement quasi impossible à remplir.

La liste des critères à l’embauche est ainsi faite qu’on part à la recherche d’une chimère, qui n’existe pas selon toute probabilité.

On cherche une personne parfaitement bilingue: exit 90 % des aspirants et aspirantes potentiels. Conservateur et prêt à affronter la droite religieuse de l’Ouest, en leur disant d’oublier toute velléité, et de rouvrir le droit à l’avortement ? Exit un autre 75 % des parfaits bilingues qui restent parmi les militants de ce parti. Conservateur avec suffisamment de cran pour amener soit ses supporteurs albertains à trouver que ce serait une bonne idée de s’attaquer aux changements climatiques, soit les électeurs dans l’est du pays à oublier cet enjeu important. Il y aurait probablement au moins 50 % du maigre contingent restant qui se refuserait à l’une ou l’autre option, et l’autre 50 %, en bon politicien ou politicienne, tenterait peut-être le coup en mentant aux uns et aux autres à la fois.

Choisir une personne avec des aptitudes de chef, une personne ayant une belle et bonne feuille de route politique et un bon communicateur ou une bonne communicatrice parmi un bassin de candidats, duquel il ne reste plus qu’un maigre 1,25 % qui ait résisté à l’élimination, voici la tâche qui attend les Conservateurs. Prendre un billet de loterie en anticipant gagner le gros lot, ça apparaît, en comparaison, un placement financier avisé.