La Solution étudiante nationale pour un scrutin équitable réclame une réforme du mode de scrutin et un vote proportionnel mixte compensatoire à redistribution régionale.

Nous voulons une réforme du mode de scrutin

En octobre prochain, la population québécoise sera appelée à voter.

Ça devrait être un moment d’espoir, où nous pouvons dire clairement quelle direction nous souhaitons que le gouvernement prenne dans les prochaines années. Malheureusement, pour plusieurs, voter n’est pas une question de choisir la meilleure candidature, mais bien la moins pire parmi celles qui ont des chances réalistes de l’emporter — encore faut-il que la circonscription ne soit pas gagnée d’avance. Et pour ceux et celles qui refusent de plier au vote stratégique, leur vote perd sensiblement tout son pouvoir électif. Même chez les jeunes, la génération qui est supposée être porteuse d’idées nouvelles et de petites ou de grandes révolutions sociales, le cynisme est tel qu’il nous pousse à rester chez nous plutôt qu’à aller voter. La démocratie québécoise ne mérite-t-elle pas mieux?

Notre démocratie s’essouffle. Et notre mode de scrutin uninominal majoritaire à un tour en est la cause.

Cependant, nous, étudiants et étudiantes du Québec, refusons le défaitisme et l’impuissance devant ce problème. Réunies au sein du SENSÉ, la Solution étudiante nationale pour un scrutin équitable, nous sommes 34 associations représentant 225 000 étudiants et étudiantes à réclamer un changement. Ce changement, les partis d’opposition l’ont promis dans une entente signée en décembre 2016 et réitérée récemment. Une réforme du mode de scrutin est possible, et un vote proportionnel mixte compensatoire à redistribution régionale permettrait d’avoir enfin une démocratie à notre écoute.

Proportionnel, parce que ce système donne un pourcentage de sièges à un parti qui correspond à son pourcentage de votes obtenus auprès de la population québécoise. Mixte compensatoire, parce qu’il conserve des circonscriptions comme on en a déjà (en moins grand nombre), auxquelles s’ajoutent des sièges qui servent à compenser les proportions de votes obtenus par chaque parti. Redistribution régionale, parce que ces sièges «compensatoires» seraient assignés à des régions du Québec, afin de remplacer les circonscriptions perdues et d’assurer une représentation équitable de chaque région.

Avec ce système, chaque vote compte — si vous ne réussissez pas à faire élire le député ou la députée que vous désiriez, votre vote sera quand même comptabilisé et permettra l’élection de députés compensatoires. Avec ce système, vous pouvez exprimer votre opinion sans prendre en compte les stratégies électorales ou le contexte de votre circonscription. Avec ce système, chaque groupe démographique est enfin représenté à sa juste valeur et peut prendre la place politique, la voix et le pouvoir qui lui revient — après tout, ça serait bien que les manifestations ne soient pas le seul recours auquel la population étudiante du Québec puisse faire appel pour se faire entendre! Avec ce système, une élection devient un véritable moment d’espoir, d’expression politique et d’affirmation du peuple.

La réforme n’est plus un idéal : c’est un besoin démocratique fondamental, et le temps est venu de l’exiger. C’est pourquoi le SENSÉ demande aux chefs des partis politiques de réitérer, aujourd’hui, demain et tout au long de la campagne électorale à venir, leur engagement ferme et inconditionnel envers la réforme du mode de scrutin pour une proportionnelle mixte compensatoire à redistribution régionale. Et nous prions les électeurs et électrices de s’informer sur cet enjeu crucial et d’en tenir compte lorsque, en octobre prochain, ils et elles voteront peut-être pour la dernière fois sous le mode de scrutin dysfonctionnel que nous avons présentement.

La Solution étudiante nationale pour un scrutin équitable (SENSÉ)

L’Union étudiante du Québec (UEQ)

La Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ)

La Confédération des associations d’étudiants et étudiantes de l’Université Laval (CADEUL)

La Fédération des associations étudiantes du campus de l’Université de Montréal (FAECUM)

L’Association étudiante de la Télé-Université (AÉTÉLUQ)

L’Association des étudiants de Polytechnique (AEP)

L’Association étudiante de l’École des sciences de la gestion (AéESG)