La décision de Walmart de mettre fin à son programme d’intégration au travail pour les personnes ayant une déficience intellectuelle a soulevé une vague d’indignation.

Nous sommes solidaires de leur soif de dignité

Le 29 mars, nous apprenions que la multinationale Walmart mettait fin à son programme d’intégration au travail pour les personnes ayant une déficience intellectuelle. Cette décision inacceptable a soulevé une vague d’indignation. Comment justifier ce rejet alors que les personnes ayant une déficience intellectuelle ou un trouble du spectre de l’autisme sont vulnérables et peinent à se trouver un emploi ou un stage, même non rémunéré?

Le gouvernement a certes dénoncé cette décision de Walmart. Mais le ministre Barrette s’est bien gardé de rappeler qu’il n’hésite pas à fermer des centres de jour, des plateaux ou des ateliers de travail. Or il s’agit de lieux de participation à la vie et à l’intégration au travail investis par les personnes handicapées. Pendant ce temps, des parents, des amis, des salariés sont à bout de souffle, en attente de répit, de ressources, de soutien à domicile… mais on continue à couper.

Les personnes ayant une déficience intellectuelle ou un trouble du spectre de l’autisme ont besoin de développer leurs compétences et leur autonomie, d’explorer, d’expérimenter, de se réaliser, d’être respectées, de voir leurs droits citoyens reconnus, de vivre dans la dignité finalement. Pour ce faire, elles doivent être soutenues, accompagnées et encadrées en fonction de leurs besoins et de leurs caractéristiques spécifiques. 

Elles doivent pouvoir compter sur l’expertise et les services de qualité de milliers de professionnelles, professionnels, techniciennes et techniciens du réseau public de santé et de services sociaux. Ces dernières, qui subissent au travail l’impact des compressions, qui voient s’allonger les listes d’attente, à qui on demande de toujours faire plus avec moins, sont surchargées et à bout de souffle. Elles sont surtout à court d’arguments pour répondre à une mère ou à un père dont l’enfant est toujours en attente d’un service après un an.

Elles n’hésitent donc pas à offrir leur solidarité aux organismes et aux familles qui demandent un réinvestissement massif dans les programmes et les services destinés aux personnes handicapées et à leurs proches!

Véronic Lapalme et Sylvain Lirette, Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS)