«Dans le contexte où l’on parle de déconfinement progressif, je vous rappelle respectueusement de ne pas oublier ces jeunes, enfants et adolescents, coupés du contact physique avec leurs parents depuis plusieurs semaines», écrit Francine Ouellet dans la lettre au premier ministre François Legault.
«Dans le contexte où l’on parle de déconfinement progressif, je vous rappelle respectueusement de ne pas oublier ces jeunes, enfants et adolescents, coupés du contact physique avec leurs parents depuis plusieurs semaines», écrit Francine Ouellet dans la lettre au premier ministre François Legault.

N’oublions pas nos enfants et adolescents vulnérables

POINT DE VUE / Monsieur le premier ministre, je prends ma plume aujourd’hui pour relayer la voix d’enfants et d’adolescents vulnérables. Vous en avez parlé le jeudi 30 avril à votre point de presse et avez mentionné que la meilleure chose pour eux était qu’ils retournent à l’école. Parmi ces enfants et adolescents vulnérables, il y a ceux qui résident en ressource de réadaptation, en famille d’accueil, foyer de groupe ou en centre d’accueil. Or, il y autre chose que l’école qui manque à plusieurs d’entre eux: c’est le contact avec leurs parents et leurs proches. 

Avant la crise sanitaire, la majorité de ces jeunes voyaient régulièrement leurs parents ou leur famille à des fréquences variables selon leur situation. Ils pouvaient, par exemple, les voir chaque fin de semaine. Depuis l’annonce de l’état d’urgence en ce qui concerne les ressources de réadaptation et depuis le décret ministériel du 19 mars pour les jeunes dans les ressources de la DPJ, plusieurs d’entre eux n’ont eu aucun contact physique avec leurs parents et leur famille. Dans certains milieux, aucun outil technologique n’est disponible pour maintenir un contact à distance. Ces jeunes sont des enfants et adolescents vulnérables. Plusieurs ont des troubles d’attachement ou de comportement, d’autres des troubles du développement, d’autres des handicaps mentaux ou physiques ; plusieurs souffrent d’anxiété ou présentent des symptômes dépressifs. Plusieurs ne comprennent pas pourquoi, tout d’un coup, ils ne voient plus leurs parents. Ils me partagent leur détresse. Ils ont perdu leurs repères. Cela accroît leur vulnérabilité.

Dans le contexte où l’on parle de déconfinement progressif, je vous rappelle respectueusement de ne pas oublier ces jeunes, enfants et adolescents, coupés du contact physique avec leurs parents depuis plusieurs semaines. Il est essentiel à leur développement et à leur santé mentale qu’ils puissent reprendre ces contacts, tels qu’ils étaient prévus avant le confinement. 

Je sais que votre tâche est colossale dans le contexte de la crise sanitaire actuelle. Je me permets quand même d’insister : n’oubliez pas nos enfants et adolescents vulnérables qui vivent loin de leurs proches, sans contact réel avec eux depuis six semaines. Ils ont besoin qu’on leur permette de revoir rapidement leurs parents. C’est ce qu’ils me confient depuis le début de la pandémie. C’est donc leur cri du cœur, qu’avec confiance, je vous transmets !

Je vous prie de croire, Monsieur le premier ministre, en ma respectueuse considération.