Des résidents de Québec s'étant déplacés pour assister à une séance d'informations sur le projet de tramway.

Notre jardin contre un tramway et sa pollution sonore?

M. Hydro, comme la totalité des résidents dont le terrain borde l’emprise d’Hydro-Québec entre le boulevard des Quatre-Bourgeois et le boulevard du Versant-Nord, nous avons eu la surprise de notre vie lorsque le Bureau des transports et de la mobilité intelligente a dévoilé son tracé pour son nouveau projet structurant avec le tramway comme fer de lance. Habitués à louer une parcelle de terrain bordant notre terrain pour des fins d’embellissement paysager et de jardinage, nous avons constaté que la donne avait changé.

On nous offre plutôt une rame de tramway de 43 mètres qui passerait aux heures de pointe à toutes les trois à cinq minutes. Comme toutes les rames ne sont pas synchronisées, on pourrait avoir à endurer plus de 24 rames à l’heure avec une plage horaire de 5h du matin à 1h la nuit. Cela fait la joie de tous les usagers à première vue, mais là où le bât blesse, c’est le bruit: nuisances sonores, grondements et crissements.

On nous propose de placer une dalle de béton de sept mètres de large servant de base au tramway à neuf mètres de notre terrain parce que les servitudes d’Hydro-Québec ne permettent pas de la placer plus près des fils à haute tension. On devra construire aussi un chemin d’accès pour l’entretien des voies pour le passage des camions. Il sera d’une largeur de quatre mètres.

À neuf mètres de notre terrain, le bruit sera infernal, insupportable, invivable. De 70 décibels 25/km à l’heure, il sera certainement plus élevé à une vitesse de 50 km/h sur un tronçon sans arrêt où un grondement fera valser les décibels à près de 85. De plus, le crissement des roues de métal sur les rails lors des virages dépassera les normes qu’on nous a relayées dans les documents d’ information. Ce problème sera plus criant à l’entrée des Quatre-Bourgeois où le tramway traversera de l’ouest à l’est de l’emprise et fera le contraire pour aller rejoindre la rue Mendel. Le frottement va nécessiter de la graisse pour réduire le crissement.

Lors de la montée du boulevard du Versant-Nord et rue McCartney, le conducteur ou conductrice devra accélérer pour monter la pente de près de 8%. Un grondement se produira et sera le même duquel nos amis français se plaignent de devoir fermer les fenêtres, d’augmenter le volume du téléviseur à la maison et de leur causer de l’insomnie.

Tout ce qu’on nous offre, ce sont des mesures d’atténuation végétales pour diminuer le bruit: une haie de saules .C’est bon pour un voisin bruyant mais pas pour un bolide filant à 50 km. Selon Benoît Carrier, chef de projet du bureau d’étude du projet de réseau structurant de transport en commun: on va rendre la situation la plus acceptable possible.

C’est mission impossible, M. Carrier. C’était un projet voué à l’échec dès le premier moment où l’on a osé penser à faire passer le tramway sous l’emprise d’Hydro-Québec pour sauver des millions quand le projet devrait coûter trois milliards. Suite à votre décision, on devra réduire le service pour les 3000 travailleurs du ministère du Revenu, lesquels n’auront plus droit à un service de qualité: perte du métrobus 800-801, perte du Parc-o-bus. Il y aura destruction du milieu naturel, des jardins communautaires et des potagers individuels. Qu’ adviendra-t-il de la garderie familiale près de chez moi? Mais surtout vous voulez faire endurer un bruit infernal jour et nuit à tous les résidents de l’emprise.

Les études françaises sont éloquentes sur le sujet: le collectif anti-bruit Nantes contre les nuisances sonores parle de problèmes de communication à l’intérieur de la maison et de perturbation du sommeil.

Ce que nous demandons pour changer la situation à venir avant l’élaboration des plans et devis:

Revoir le tracé du tramway pour passer sur les Quatre-Bourgeois avec station au coin du boulevard Neilson pour desservir l’édifice Marly avec ses 3000 fonctionnaires pour ensuite rejoindre la rue Mendel par le boulevard du Versant-Nord avec sa pente plus adaptée au tram. à 4 ou 5%. La route est assez large pour éviter des frais excédentaires, contrairement aux surprises à venir sous l’ emprise d’Hydro-Québec.

En effet, des lacs se forment à la fonte des neiges à cause des problèmes d’irrigation. Et vaut mieux ne pas être sous les fils lors des opérations déglaçage.

Il faut rendre le projet socialement acceptable et humainement réalisable. Il faut sortir du carcan budget-temps entre les deux pôles pour voir le problème dans son ensemble et admettre que la solution proposée est non-viable pour la population limitrophe à l’emprise d’Hydro-Québec. En choisissant le trajet des boulevards Quatre-Bourgeois et du Versant-Nord, vous allez choisir de rentabiliser le projet par l’ajout des autres citoyens de l’ouest de la ville. Les gens de St-Augustin, ceux du grand Portneuf laisseront leurs véhicules au Parc-o-Bus de la station Legendre pour venir travailler à la pointe de Ste-Foy.

Enfin quel cadre à Hydro-Québec a permis à la Ville de Québec de faire des études pour le tracé sous les lignes de transport de 735 kv? En tant que citoyen corporatif, la société aurait été mieux avisée de respecter ses propres règlements et de jouer son rôle social de bon voisin. Notre bail signé en 2014 précisait que le locataire s’engageait à occuper paisiblement les lieux loués et à les garder propres. La direction de notre société d’État renierait ses propres directives. On espère qu’Hydro-Québec ne veut pas faire des profits avec cette location proposée à la Ville de Québec. Cela serait réellement tordu.

M.Hydro, sortez sur la place publique et dites-nous qui a l’autorité morale pour détruire notre milieu de vie et notre vie tout court. À moins que vous ayez un sens de l’éthique dans les talons, vous ne pouvez décemment accepter ce deal. Vous seriez les premiers au monde à accepter une telle catastrophe et vos futurs contrats de transport d’énergie aux U.S.A. seront entachés par cette décision. Les opposants à vos projets (New-Hampshire et le Maine) se serviront de cet exemple pour prouver votre mauvaise foi.

Le bon sens doit primer et dites non au tracé du tramway sur votre terrain. M. Hydro, s.v.p. tirez la plogue.

Denis Lemay, Québec