Une mère de famille qui a des enfants à l'école Marguerite D'Youville est amèrement déçue de voir que rien n’a changé dans le dossier de l'usine Anacolor.

Notre école mérite mieux que des mauvaises odeurs

À pareille date il y a un an, j’étais présidente du comité d’établissement de l’école Marguerite D’Youville. Depuis le début de l’année scolaire, le «dossier Anacolor» empoisonnait les discussions (sans mauvais jeux de mots).

Le sujet revenait constamment sur la table. Après avoir fait des représentations auprès de la Comission scolaire, des élus locaux et du Ministère de l’Environnement, nous avons pris une décision drastique : annuler les récréations pendant une semaine.

Les semaines et les mois qui ont suivi cette décision ont été très difficiles pour le climat de notre école. Beaucoup de tensions et de gestion de crise pour un groupe de personnes qui n’avait pas été préparé à le faire.

Je me souviens avoir rencontré une mère d’une autre école lors d’un événement sportif. En lui disant que je suis de l’École Margueritte d’Youville elle me répond : «Ah oui, là où ça pue!».

J’avais le goût de fondre en larmes.

Non, l’École Marguerite d’Youville ce n’est pas «là où sa pue»!

L’École Marguerite d’Youville c’est là où :

  • Les professeurs restent pendant des décennies parce qu’il fait bon y enseigner;
  • Les enfants vont marcher sur le bord du fleuve régulièrement;
  • Les éducatrices du service de garde plantent des centaines de cœur dans la neige à la Saint-Valentin et organisent des spectacles avec les enfants;
  • Les techniciennes en éducation spécialisée et les profs invitent un chinchilla, un lézard, un lapin et des poussins à faire partie du milieu scolaire;
  • Les grands-parents viennent faire la lecture de contes;
  • Les parents ont mis en place un jardin communautaire.

Malheureusement, tout ça est noyé par le fait qu’une usine qui n’a pas sa place diffuse ses odeurs dans notre communauté, et que personne ne l’en empêche.

Cette année je ne suis plus sur le comité de parent. Je suis soulagée de ne pas avoir à répondre aux journalistes et aux autres parents.

Mais je suis amèrement déçue de voir que rien n’a changé. En septembre prochain, mon troisième enfant fera son entrée à l’école.

J’espère seulement qu’en mars 2019, il ne reviendra pas en me disant: «Maman, ça pue dans la cour d’école».

Marie-Eve Plamondon
Maman et citoyenne de Cap-Rouge