Notre-Dame dit merci aux métiers traditionnels

POINT DE VUE / La Cathédrale Notre-Dame de Paris a été construite en très grande partie, dit-on, par des artisans, des ouvriers qui mettaient leur savoir-faire au service de Dieu pour construire de tels monuments.

Ce qu’il y a de plus extraordinaire, c’est que l’on pourrait reconstruire à l’identique un tel chef-d’œuvre, puisque les métiers traditionnels qui le permettaient se sont perpétués jusqu’à nos jours en France. Cette semaine sur les ondes TV5, un spécialiste nous disait que la Flèche de Notre-Dame pourrait être refaite en tout point par des compagnons, comme on surnomme ces artisans dans ce pays.

L’association ouvrière appelée «Les compagnons du devoir» représenterait la majorité des artisans formés qui ont appris leur savoir-faire surtout par compagnonnage, c’est-à-dire en suivant un artisan maîtrisant cette activité. C’est ce qui a entre autres permis le maintien de ces métiers traditionnels.

En y regardant de plus près, on fait en France la promotion de ces métiers, le nombre des sites à restaurer le nécessitant évidemment. Des formations formelles sont apparues, mais le compagnonnage est sa pierre d’assise. Un encadrement législatif a vu le jour, dont le dernier en date est un arrêté du 24 décembre 2015 établissant une liste de 198 métiers anciens regroupés en 93 spécialités et 16 domaines afin de donner une définition légale aux métiers d’art. Assez curieusement, c’est un certain Emmanuel Macron, alors ministre de l’Économie et de l’Industrie qui a parrainé cette loi. La France n’est donc pas prise au dépourvu ni démunie face à ce sinistre.

Quand on regarde en détail la liste des métiers anciens regroupés dans cet arrêté, on ne peut s’empêcher de constater qu’ici de nombreux sont déjà disparus. C’est regrettable, car ces savoir-faire auraient pu être utiles même si nos bâtiments anciens sont de moindre envergure et plus récents.

Malgré tout, Notre-Dame peut dire merci!