La cathédrale Notre-Dame de Paris

Notre-Dame de Paris: j’ai pleuré et prié

POINT DE VUE / La cathédrale Notre-Dame de Paris, dont on n’a pas encore eu le temps de panser les plaies, expose à la face du monde ses profondes blessures.

J’ai été très surprise par la grande réaction à la fois viscérale et émotionnelle que j’ai ressentie en voyant les flammes dévorer impitoyablement les toitures de Notre-Dame et jeter à bas sa magnifique flèche.

Tous les monuments que la foi des hommes a construits portent inscrits dans leurs pierres, leurs vitraux, leurs mosaïques, leurs statuaires, la spiritualité des peuples qui les ont élevés vers le ciel pour que leur âme, leur esprit et leur foi se rapprochent de Dieu.

Que l’on entre dans une modeste église romane d’Auvergne, dans la grande Mosquée bleue d’Istanbul, dans la basilique Notre-Dame de Montréal ou dans notre si belle église de Neuville ou que l’on gravisse les marches du Mont-Saint-Michel; passées les premières émotions esthétiques, on ne peut s’empêcher de penser à leurs bâtisseurs et à toutes les personnes qui depuis des siècles sont venues y prier.

Que de foi, de courage et de détermination il a fallu pour que de telles beautés s’élèvent vers le ciel.

La beauté porte en elle sa propre spiritualité, elle élève l’âme.

Hier des Japonais, des Turcs, des Américains pleuraient. Ils pleuraient l’œuvre architecturale, bien sûr, mais aussi un monument marqué par tant d’évènements qui ont jalonné l’histoire de la France et de toute l’Europe. Notre-Dame de Paris, c’est Notre-Dame de Paris.

L’été dernier, j’ai eu le grand bonheur de visiter Notre-Dame avec mes deux petites-filles, je regrette de ne pas y avoir passé plus de temps.

J’ai cinq autres petits-enfants, c’est aussi en pensant qu’ils ne verraient jamais la vraie cathédrale Notre-Dame de Paris que j’ai pleuré.

Ce matin, un rayon d’espoir m’habite. J’ai entendu que le président Emmanuel Macron voulait reconstruire la cathédrale… en cinq ans.

Mes petits-enfants ne verront pas la cathédrale du 12e siècle, mais les deux tours et les grands portails seront là, ils entendront le grand orgue, Emmanuel et son gros bourdon résonnera au-dessus de leurs têtes.

Vive Notre-Dame, vive Paris, vive la France.