Nos poches, nos portefeuilles et nos sacoches

Depuis quelque temps, on dirait qu’ils sont vivants, majeurs et vaccinés. Ils auraient même le droit de vote.

Quand j’entends les chefs de partis s’adresser à nous indirectement en parlant de nos poches et de nos portefeuilles, j’éprouve toujours un malaise. Ils auraient conclu que notre cerveau et notre intelligence avaient tout à coup migré à l’extérieur de notre corps pour se réfugier dans nos vêtements, nos portefeuilles ou nos sacs à main qu’ils ne s’exprimeraient pas autrement. Chaque fois qu’ils utilisent des paroles creuses et des lieux communs comme dans «mettre plus d’argent dans la poche des Canadiens», j’ai l’impression qu’ils nous prennent pour des valises, ce qui finalement n’est vraiment pas très loin des sacoches, n’est-ce pas? Suis-je le seul à avoir cette impression et à me sentir infantilisé?

André Verville, Lévis