«Je suis écoeuré que les Québécois autoflagellent une partie de ce qu’ils sont, car notre passé catholique, qu’ils le veuillent ou non, fait bien partie de nos chromosomes identitaires», écrit Jacques Béland
«Je suis écoeuré que les Québécois autoflagellent une partie de ce qu’ils sont, car notre passé catholique, qu’ils le veuillent ou non, fait bien partie de nos chromosomes identitaires», écrit Jacques Béland

Non, nous ne méritons pas François Legault !

POINT DE VUE / Suffit de regarder le Bye bye 2019 pour s’en laisser convaincre. Pour moi, qui me définis comme un nationaliste québécois de coeur, un fédéraliste d’ouverture et un catholique laïc inclusif à toutes les religions, non, nous les Québécois, nous ne méritons pas un François Legault, comme porte-étendard de l’identité québécoise et premier ministre du Québec, et voici pourquoi : j’en ai soupé de voir une autoflagellation de l’identité québécoise comme nous en a servi ce Bye bye 2019.

À la lâcheté de ses concepteurs qui, d’une part, n’auraient jamais eu l’audace d’exposer des facettes de l’Islam et du Judaïsme par peur de la moindre réaction ou représailles de la part des fidèles de ces cultes religieux que je respecte, mais qui, d’autre part, ne se gênent pas pour fouler aux pieds et dénigrer les convictions religieuses de centaines de milliers de Québécois et Québécoises pour ne pas dire de millions, lesquels, sans se prétendre aujourd’hui être de fervents catholiques ou catholiques tout court, respectent cependant les croyances de leurs parents, de leurs ancêtres, des autres gens du pays qui, encore aujourd’hui, partagent cette même foi de leurs ancêtres.

Je suis fier de mes origines et de mes ancêtres, mais j’ai bien de la misère avec un trop grand nombre de Québécois qui n’ont pas encore su démêler dans leur histoire identitaire toute la grandeur du christianisme, mais qui ont plutôt retenu les faiblesses et défaillances de toujours trop nombreux de ses membres qui ont malheureusement déformé le vrai visage de ce qu’ils voulaient pourtant nous léguer ou, du moins, nous faire aimer. 

Je suis écoeuré que les Québécois autoflagellent une partie de ce qu’ils sont, car notre passé catholique, qu’ils le veuillent ou non, fait bien partie de nos chromosomes identitaires, et que notre société d’État télévisuelle laisse l’inculture de soi-disant réalisateurs ou artistes nous lancer au visage des images et des paroles qui, loin de nous faire honneur, ne font plutôt que de nous appauvrir culturellement et collectivement. En affirmant tout cela, je ne me calcule pas pour autant une punaise de sacristie, mais bien plutôt l’un de ceux qui n’ont pas peur ou honte de ce « Je me souviens », exprimant ainsi la prévalence du bien sur le mal que nous trouvons dans notre héritage identitaire, sans pour cela être moins bien dotés d’un esprit libre et lucide tout à la fois, de ce que nous sommes ou de ce que, du moins, nous devrions tous être un tant soit peu. Bonne année à tous et toutes !