Le projet de 42 unités de logement sur cinq étages sur la rue McWilliam implique un changement de zonage auquel s’opposent des citoyens du voisinage.

N’exagérons pas, s’il vous plaît!

Lettre à mes concitoyens du Vieux-Québec

Je suis intervenu à deux reprises au conseil de quartier du Vieux-Québec en appui au projet de reconstruction de ce qu’on appelle l’îlot McWilliam. Si la première mouture de six étages était exceptionnelle sur le plan architectural par l’articulation des toitures et des terrasses, j’admets que sa hauteur posait problème. La récente version de cinq étages est pour moi un excellent compromis que j’ai appuyé sans réserve. Je ne suis pas un résident de ce secteur et je n’ai aucun intérêt dans ce projet, si ce n’est mon désir de reconstruire les terrains vacants pour retrouver l’intégrité de la trame urbaine et surtout pour augmenter le nombre de résidents, comme le souligne le président du comité des citoyens, Michel Masse.

Cependant, le récent texte de celui-ci répondant à la chronique de François Bourque soulève beaucoup de commentaires. En voici quelques-uns:

- Parler ici de gigantisme, d’un projet totalement disproportionné qui ne s’intègre pas et ne respecte pas les orientations du MCCQ est nettement exagéré. Les simulations architecturales démontrent justement le contraire. Ce projet avec ses toits en pente, ses lucarnes, l’agencement de ses fenêtres, l’articulation de ses façades et ses reculs, le choix des matériaux, même s’il s’étend sur trois lots, adopte de manière moderne toutes les caractéristiques et la morphologie du bâti du Vieux-Québec. Je suis convaincu que la Ville et le Ministère seront très heureux de ce projet.

- Évoquer le spectre de l’UNESCO est nettement outrancier. J’ai assez travaillé dans le dossier du patrimoine mondial, avec l’UNESCO et l’OVPM, et j’ai visité un très grand nombre de villes inscrites pour prétendre que ce projet suscitera des louanges de ces organismes comme étant un bel exemple d’intégration tant fonctionnelle qu’architecturale. À mon sens, l’hôtel du Capitole et le projet d’un édifice de 11 étages à l’architecture contemporaine contrastante sur le terrain Saint-Louis-de-Gonzague sont plus susceptibles de faire réagir l’organisme international. Pourtant, à ma connaissance, le comité des citoyens ne s’est pas opposé à ce dernier projet lors des consultations.

- Le zonage spécifie 13 m pour la hauteur. La solution facile et beaucoup moins coûteuse sera de dessiner un bâtiment de quatre étages avec toit plat sur l’ensemble du site, ce qui ne demandera aucun amendement. On aura perdu les toits en pente avec revêtement de métal et les lucarnes caractéristiques du Vieux-Québec. Tous les nouveaux projets implantés dans le Vieux-Québec depuis quelques années ont été construits ou prévus avec des toits plats. C’est un appauvrissement du paysage bâti et il faut saluer les projets qui font autrement.

- Les bâtiments avoisinants avec toit en pente, dépassent la limite du 13 m particulièrement par leur toiture pentue élevée. Ici aussi, les simulations architecturales sont probantes. Certains bâtiments en périphérie n’ont que deux ou trois étages, mais rien n’empêche qu’ils soient rehaussés un jour jusqu’à la limite du zonage permis, comme cela est arrivé souvent.

- M. Masse cite les îlots Irving et Esso pour démontrer que les citoyens ont pu faire diminuer les hauteurs. J’en suis, et j’ai toujours appuyé ces batailles. J’ai même milité contre l’abolition du mécanisme référendaire. Mais il faut aussi admettre que dans ces deux cas, les citoyens ont accepté des compromis sur la hauteur par rapport à ce que le zonage proposait initialement. C’est ce que je souhaite ici. Un compromis serait bénéfique et trop de rigidité mènera à un projet banal, et cette rigidité conduira à renforcer la position des autorités à abolir ce mécanisme.

- Il faut faire l’équilibre entre l’architecture et la rentabilité et il est important de tenir compte de ce dernier facteur pour obtenir des projets exemplaires et bien intégrés qui sont généralement coûteux à réaliser dans le Vieux-Québec.

La proposition de la Ville d’adopter un plan de construction est la solution idéale par rapport à un strict changement de norme de hauteur. C’est une garantie que le projet se réalisera comme illustré, sans surprise. Toute modification doit être approuvée par règlement après consultation. Pour toutes les raisons évoquées plus haut, je souhaite ardemment que les résidents du secteur en viennent à accepter ce projet.