Selon l'auteur de cette lettre d'opinion, les avantages d’un métro versus un tramway sautent aux yeux : plus confortable, plus rapide, à l’abri des intempéries, plus grande capacité, moins d’expropriations, moins d’entretien, moins de dérangement en surface, maintien des voies pour l’automobile, pas de chauffeur, pas de gratte à neige...

Ne ratons pas le métro

Un groupe de citoyens pousse l’idée qu’un métro remplace le tramway du maire Labeaume. Ils soutiennent, chiffres à l’appui, que pour le même budget de 3,3 milliards $, Québec pourrait se doter d’un moyen de transport souterrain: 16 km, 19 stations, de la 55e rue au Phare.

L’idée mérite à tout le moins une étude comparative. Le maire Labeaume et Rémy Normand, président du RTC, refusent tout simplement de considérer cette option jugeant qu’un métro coûte trop cher, sans s’appuyer sur aucune étude publique.

Durant la consultation sur le projet de transport dit structurant, les fonctionnaires de la Ville admettaient qu’on n’a pas étudié cette avenue. C’est troublant que toutes les alternatives n’aient pas été considérées. Lors du dernier conseil municipal, le même Rémy Normand affirmait sans rire que le métro a «trop» de capacité pour notre ville. Quel drôle d’argument pour un responsable de la mobilité!

Les avantages d’un métro versus un tramway sautent aux yeux : plus confortable, plus rapide, à l’abri des intempéries, plus grande capacité, moins d’expropriations, moins d’entretien, moins de dérangement en surface, maintien des voies pour l’automobile, pas de chauffeur, pas de gratte à neige...

Reste la question fondamentale du coût. L’ingénieur Robert Vanderwinkel et l’économiste Ali Magassouba du collectif «J’y vais en métro» soutiennent que cela peut se faire à 200 millions $ du km et laissent entendre qu’on pourrait greffer un lien vers la Rive-Sud.

Un investissement de cette nature est amorti à long terme et la durée de vie d’un métro est de 75-100 ans. Le chroniqueur François Bourque relevait que la Ville n’a pas cru bon d’analyser les coûts à long terme ni les coûts du dérangement!

Faut-il rappeler que le maire Labeaume n’a pas fait la campagne électorale sur son projet de tramway, un sujet qu’il a sciemment évacué. En l’espace de quelques semaines, il a ressuscité un projet caressé par ses fonctionnaires en misant sur un gouvernement libéral en fin de régime et en mal de sièges à Québec, et obtenu 200 millions$. Les dés étaient pipés en faveur du tramway.

Le maire Labeaume est buté et cherche à enterrer le projet de métro. Le nouveau ministre des Transports, François Bonnardel, celui qui paie pourtant la note, a eu une réaction frileuse face à la mairie. 

Régis Labeaume a dû, heureusement, reculer avec son mauvais projet de SRB. Il semble pressé d’en finir alors que l’on parle d’un projet de transport collectif majeur qui va structurer la ville pour des décennies. On devrait pour le moins pouvoir comparer les deux projets de façon rigoureuse avant de transformer la ville en vaste chantier.

Donald Charette, Québec