Nancy Piuze: pourquoi j'ai quitté Québec 21

C’est aujourd’hui que prend fin officiellement mon aventure au sein de Québec 21, une jeune formation politique au sein de laquelle j’ai vécu des moments intenses, parfois exaltants, parfois tristes. Les dernières semaines ont été mouvementées et ont fait l’objet de beaucoup d’articles médiatiques. Plusieurs m’ont demandé les raisons qui ont fait en sorte que je quitte cette aventure. C’est aujourd’hui que je vous donne mon explication.

Mais juste avant, permettez-moi ces quelques mots pour mes concitoyens de l’arrondissement de Sainte-Thérèse-de-Lisieux envers qui je me sens redevable car ils ont cru en moi. Je veux leur dire merci pour leur confiance mais aussi à m’excuser auprès d’eux car sincèrement, j’aurais voulu les servir bien plus longtemps et dans des meilleures conditions.  

Je me souviendrai longtemps de la campagne municipale de 2017, de mes rencontres avec les gens de mon arrondissement et des échanges que nous avons eus sur les enjeux qui les touchent et comment notre nouveau parti, Québec 21,  pouvait être une solution à envisager au cours d’une prochaine élection municipale. À ce moment, j’étais portée par une énergie indescriptible pour servir et une équipe formidable m’entourait. 

Colistière pour le chef de Québec 21 

Au jour «J», une majorité d’électeurs de mon arrondissement a fait le choix de me faire confiance et à titre de colistière, j’ai offert mon siège au chef de Québec 21, Jean-François Gosselin. J’ai poursuivi la mission que je m’étais donnée et continué à consolider le nouveau parti cette fois à titre de directrice générale. Mon objectif : accompagner monsieur Gosselin et toute notre équipe jusqu’à la victoire aux élections municipales de 2021. À ce moment, je n’aurai pas imaginé que mon aventure aurait connu une fin aussi abrupte. 

Une confiance envers le chef qui s’est dégradée au fil du temps

Que s’est-il passé au sein de notre formation politique ? Je dois vous parler franchement. Au fil du temps, nous recevions des commentaires et des opinions en provenance des membres du parti, comme de l’extérieur, faut-il le dire, remettant en question la capacité du chef de Québec 21 à devenir un maire crédible, visionnaire et apprécié par les citoyens de la ville de Québec. Nous avons lucidement pris acte et fait part de ces constats à M. Gosselin afin qu’avec notre aide, il puisse saisir la balle au bond, en faire une opportunité d’amélioration et raviver la confiance qui lui échappait. Avec le recul, peut-être était-ce naïf de notre part ? Ou était-il trop tard ? Quoi qu’il en soit, les choses ne se sont pas passées ainsi et malheureusement, c’est plutôt un climat de tension et de suspicion qui a par la suite secoué notre formation.  

Le coup de grâce fût la sortie publique de M. Gosselin demandant une enquête sur des dépenses qu’il disait juger «douteuses» au sein de… sa propre organisation.  Heureusement, le rapport de la firme externe a donné raison aux administrateurs de notre parti. Nos dépenses étaient conformes.  Mais le ton du chef envers nous, sur la place publique,  c’en fût assez pour miner davantage le moral des troupes et créer de lourds dommages à une organisation déjà affaiblie.  Avec le résultat que l’on connaît aujourd’hui… Ma démission, celle du président et de mes autres collègues. 

Il y a quelques jours, M.  Gosselin continuait ses attaques publiques à l’endroit de son ancienne équipe. Pourtant il disait vouloir rebâtir son parti et regarder vers l’avenir ?  Cela donne la mesure d’un tel candidat à la mairie de Québec... Je crois que les gens de notre ville seront suffisamment lucides pour juger de la qualité de cette personne. 

Les gens de Québec méritent l’excellence

Pour ma part, je n’ai pas de regret sauf celui d’avoir dû écourter le mandat que je m’étais donné.  Je savais que la politique est un monde difficile.  Cette expérience fût riche en apprentissages et je préfère quitter sur une note positive et souhaiter, pour les gens de la ville de Québec, que des hommes et des femmes de talent se manifestent et montrent leur intérêt pour le poste de maire ou de mairesse de la ville de Québec en 2021. 

Je nous souhaite un maire ou une mairesse doté(e) de qualités qui font la force d’un(e) leader. Une personne en mesure de rassembler les forces vives d’une équipe et de sa population autour d’une vision commune. Un(e)  leader aimé(e), respecté(e), qui nous surprendra avec des idées novatrices pour sa ville. Une personne qui gagnera la confiance de la majorité et qu’on aura envie d’accompagner et de soutenir.

En terminant je désire remercier tous les formidables collègues et bénévoles avec qui j’ai eu le privilège de travailler. Aux membres de ma famille et à mes amis(es), un immense merci pour votre complicité et votre soutien.  Enfin, je souhaite de tout cœur, un prompt rétablissement au maire de Québec, monsieur Régis Labeaume.