«Si la plupart des familles ont eu leur lot de défis à relever depuis le début de la crise sanitaire, celles qui venaient de vivre une séparation, qui étaient le théâtre de violence familiale ou conjugale ou qui vivaient déjà une grande insécurité financière ont vu leurs problèmes augmenter de façon importante», écrit Sylvie Lévesque.
«Si la plupart des familles ont eu leur lot de défis à relever depuis le début de la crise sanitaire, celles qui venaient de vivre une séparation, qui étaient le théâtre de violence familiale ou conjugale ou qui vivaient déjà une grande insécurité financière ont vu leurs problèmes augmenter de façon importante», écrit Sylvie Lévesque.

Mise à jour économique: les arcs-en-ciel ne suffisent pas!

POINT DE VUE / Les arcs-en-ciel qui décorent les fenêtres un peu partout au Québec ne suffiront pas à garantir que «ça va bien aller» pour des milliers de familles en difficulté. 

Si la plupart des familles ont eu leur lot de défis à relever depuis le début de la crise sanitaire, celles qui venaient de vivre une séparation, qui étaient le théâtre de violence familiale ou conjugale ou qui vivaient déjà une grande insécurité financière ont vu leurs problèmes augmenter de façon importante. 

Or, tout comme les difficultés vécues par ces familles sont exacerbées par la pandémie actuelle, la précarité des organismes qui les accompagnent s’en trouve elle aussi décuplée.

En avril, le ministre de la Famille, Mathieu Lacombe, annonçait une aide financière d’urgence de 5 M$, pour les organismes communautaires Famille, ce qui représente environ 16 000 $ par organisme communautaire Famille (OCF). Or, la reddition de comptes associée à cette aide ponctuelle s’avère si exigeante et restrictive (les dépenses admissibles devant se limiter à la période du 1er mai au 31 août 2020), que certains organismes seront incapables de s’y conformer.

Pourtant, depuis le début de la pandémie, ces organismes ont multiplié leurs efforts pour continuer de répondre aux pressants besoins des familles, tout en respectant les mesures sanitaires. Les coupures des dernières années dans les services publics et les programmes sociaux ont eu de lourdes conséquences sur les familles. 

Dans bien des cas, les organismes constituent le dernier refuge de personnes qui ont tenté de trouver de l’aide ailleurs. En décembre 2019, la Commission spéciale sur les droits des enfants et la protection de la jeunesse, présidée par Régine Laurent, recommandait qu’une aide financière annuelle d’au moins 200 000 $ soit accordée aux organismes communautaires «qui jouent un rôle vital dans le soutien aux citoyens». Rappelons que la moyenne de financement des OCF est présentement d’à peine 66 000 $ par année.

La mise à jour économique prévue pour le 19 juin serait une belle occasion de reconnaître enfin l’apport inestimable des organismes dans la vie de milliers de familles au Québec, avant, pendant et après la pandémie!