Mieux seul que mal accompagné

Luc J. Vigneault
Luc J. Vigneault
Auteur et acteur, Québec
POINT DE VUE / Noël. Synonyme d’un tourbillon de réjouissances. Le point culminant d’une course aux cadeaux hyper-effrénée, hélas typique de sa commercialisation à outrance. Comme si le mot «joie» rimait avec «brouhaha», «hâte folle» et surtout «opulence». Plutôt qu’avec «paix», «pause» et «réflexion». Pour les premiers, on festoie en bonne compagnie. Pour les autres, le recueillement en soi-même est salutaire. Un but commun : le positif!

C’est ma résolution d’il y a presque un an. Et bien qu’il ne reste que deux semaines avant de défoncer 2020, je n’entends point y déroger d’un iota. Je veux bâtir sur ce même positif. M’entourer de son énergie. Et la prêcher à mon tour. Le mantra de «donner au suivant», que je m’étais fixé. Ai-je réussi? Assez bien, quant à moi. C’est selon!

Mes proches le pensent-ils aussi? Sûrement ceux que j’ai connus cette année. Et avec lesquels je tiens à faire route. Ce pour quoi je jubilerai en solo ou presque à Noël. Ma famille? Leur vouer docilité, sous prétexte que je ne suis que leur cadet? Les écouter causer de leur confort, flanqués de leurs clans bien à eux? Me parler du «besoin vital» (sic!) de poches creuses, pour cotiser à un REER?

«En ai-je vraiment besoin?» dirait Pierre-Yves McSween. Des gens plus empathiques et terre-à-terre n’ont pas de tels privilèges! En cette Nativité, j’ai une pensée pour ceux-là. M’isolerai-je pour autant? Je suis une bête de scène qui se nourrit du contact humain. J’irai à la Messe de Minuit la plus proche de chez moi. J’y piquerai une jasette avec les fidèles sur place. Et après, j’irai au lit. Point.

Cette solitude est-elle bien indiquée pour moi, homme isolé par l’intimidation en tous genres? Y succomberai-je réellement? Me morfondrai-je véritablement? Ma vie d’artiste m’a fait rencontrer des personnes formidables. Ainsi en sera-t-il, au réveillon. Une soirée comme une autre, quoi!

Mieux seul que mal accompagné, dit-on.