Gilles Lépine écrit merci à Laurent Duvernay-Tardif pour l’impact positif sur la société québécoise et qu’il est possible et souhaitable de poursuivre ses études et sa passion pour le sport.

Merci Laurent Duvernay-Tardif

POINT DE VUE / Merci de mettre en lumière tous ces extraordinaires œufs à deux jaunes.

Comme ardent promoteur depuis plus de quatre décennies du sport en milieu d’éducation, je veux féliciter Laurent Duvernay-Tardif pour ses performances sportives et académiques, mais surtout le remercier de l’impact positif qu’il a sur notre société québécoise alors qu’il catalyse le fait que oui c’est possible, même souhaitable, de poursuivre ses études et sa passion pour le sport.

Ici même au sein du Rouge et Or, nous avons près de 500 étudiants-athlètes qui sont des versions de «LDT».

À titre d’exemple, Frédérique Beauchamp, joueuse de basketball de l’équipe vice-championne nationale, étudiante en médecine et étudiante-athlète par excellence au Québec tous sports confondus.

Que dire des nageuses et nageurs du RO qui s’entraînent jusqu’à neuf fois par semaine et qui poursuivent leurs études à temps plein. Ou de ces étudiantes et étudiants-athlètes en sports collectifs qui ont les entraînements, la salle de musculation, les séances individuelles, les heures de vidéo et souventes fois les visites chez le physiothérapeute. Ou les coureuses et coureurs qui se tapent plus de 100 km par semaine, et tous sont des étudiants universitaires à temps plein. Car oui l’Université Laval est l’une des quelques universités canadiennes à exiger à ses étudiants-athlètes minimalement douze crédits par session.

Additionnez le fait qu’ils participent aussi aux activités de levées de fonds de leurs équipes et vous comprendrez qu’ils n’ont que 32 secondes de libre par jour. Compliqué en plus d’avoir un travail à temps partiel. Bref, beaucoup de passion et de sacrifices.

Avec un taux de diplomation de 86 %, les étudiants-athlètes du RO surclassent la moyenne générale des étudiants réguliers qui est à 73 %. Par surcroît, Laval se classe dans le top cinq au Canada pour le nombre d’étoiles académiques, c’est-à-dire des étudiants-athlètes qui ont une moyenne académique au-dessus de 80 %. Plus de 40 % des ÉA du RO sont des étoiles académiques.

Ils sont non seulement des exemples sociaux et personnels extraordinaires, dans le même créneau que LDT, mais ils composent aussi l’un des meilleurs moyens de dynamiser l’expérience campus. Il y aura toujours plus de spectateurs à une rencontre du RO qu’à une expérience de chimie. Il y a peu d’activités universitaires qui attirent des gens de toutes les couches de la société et que les étudiants, même le public en général, sont prêts à se peindre la figure aux couleurs de l’institution. Pourquoi pensez-vous que les 1100 universités américaines ont un programme de sport interuniversitaire et que moins de 30 d’entre eux sont financièrement «profitables»? La fierté, le sentiment d’appartenance sont des facteurs difficiles à mettre sur un chiffrier, mais combien importants pour la réputation et l’animation d’une université.

Le sport à l’école est un formidable outil d’éducation en plus, d’être un outil «d’accrochage» à l’école pour plusieurs et «d’accrochage» à l’activité physique pour d’autres. Parlez-en aux parents de jeunes qui font du sport «inter» au secondaire et au collégial. En bonus, fumer ne fait pas partie de leur langage et une saine alimentation est nécessaire.

Bref, plus notre société aura de «LDT» et mieux on se portera. Bravo Laurent et bravo aux étudiants-athlètes du Rouge et Or pour votre cheminement exemplaire. Nous sommes fiers de vous!

Note : Bravo aussi à André-Philippe Côté pour la caricature parue le jeudi 6 février 2020.