Laurent Duvernay-Tardif (à droite) est devenu le premier Québécois à gagner le Super Bowl dans la victoire de 31-20 des Chiefs de Kansas City sur les 49ers de San Francisco, dimanche.

Merci, Laurent Duvernay-Tardif!

POINT DE VUE / Ce que tu m’as fait vivre comme émotions, Laurent! J’approche des 70 ans, et enfant, alors que la plupart de mes amis pensaient et jouaient hockey, moi, c’était football. Je jouais dans les champs de mon village, derrière la salle paroissiale. À Saint-Casimir de Portneuf, en 1960, on n’était pas nombreux à connaître ce sport. J’avais demandé à ma mère pour Noël un casque de football. Elle n’y connaissait rien et elle m’a fait parvenir par le catalogue un casque de conducteur de course. Quelle déception en ouvrant la boîte ce Noël-là!

La famille déménage à Saint-Louis-de-France, Sainte-Foy, en 1963. Surprise! L’OTJ de l’époque fournit l’équipement et il y a une ligue et un vrai terrain de football. Pour moi, ça y est, c’est le début d’une grande carrière en football. On admire Sam Etcheverry et Peter De La Riva avec les Alouettes qui gagnent la Coupe Grey le samedi et on regarde le football américain le dimanche après-midi sur le gros téléviseur noir et blanc. Moi, ma carrière continue, je joue pour le junior et le senior de Sainte-Foy contre les anglais verts de St.Pat’s et les anglais bleus de QHS.

Puis, dans les années 70, c’est le Cégep de La Pocatière qui m’accueille. Je joue pour les Gaulois, on remporte le championnat de l’Est-du-Québec. On est les «champions du monde»! Je reviens vite sur terre car après le Cégep, l’Université Laval m’attend. Le Rouge et Or football n’existe pas. Fin de ma carrière. Laurent, tu ne peux savoir comment je me suis vu en toi au Super Bowl dimanche. Souviens-toi, on était les «champions du monde». Bien des vieux retraités francophones du Québec de mon âge se sont imaginés «champions du monde» eux aussi dimanche. Merci de m’avoir rappelé tant de beaux souvenirs.