Le Comité des citoyens du Vieux-Québec (CCVQ) était présent sur les lieux lors des premiers instants de la démolition du Marché du Vieux-Port en décembre.
Le Comité des citoyens du Vieux-Québec (CCVQ) était présent sur les lieux lors des premiers instants de la démolition du Marché du Vieux-Port en décembre.

Marché saisonnier au Vieux-Port: les attentes des citoyens

Michel Masse
Michel Masse
Président du Comité des citoyens du Vieux-Québec (CCVQ)
POINT DE VUE / La démolition du Marché du Vieux-Port, qui a débuté le vendredi 13 décembre, est maintenant achevée. Les pelles ont donné les derniers coups dans les derniers jours. L’année 2020 débute donc avec la disparition définitive de ce service de proximité essentiel pour les résidents du Vieux-Québec. Après plus de trente années de loyaux services, la belle aventure qui amenait la campagne sur les bords du bassin Louise est vraiment terminée. L’absence cet été du va-et-vient des producteurs, des marchands et des clients s’est cruellement fait ressentir dans la dynamique du quartier. Le site si animé est devenu désert, laissant un grand vide. De nombreux touristes suivant les informations de leur documentation se sont frappé le nez sur les portes cadenassées.

Le Comité des citoyens du Vieux-Québec (CCVQ), présent sur les lieux lors des premiers instants de la démolition du bâtiment, est évidemment très triste de voir disparaître cette institution qui cadrait parfaitement dans son environnement. C’est plus de cent soixante-ans d’histoire et de présence au centre-ville qui sont partis en poussière.

Lors de la séance du Conseil tenue le 2 décembre dernier, l’administration municipale a confirmé à nouveau son intention d’aménager sur le site un marché saisonnier. Il a même été question d’un «projet exceptionnel». Les citoyens du Vieux-Québec sont très curieux de connaître les détails de ce projet exceptionnel. Les esquisses qui ont circulé depuis plus d’un an montrent plutôt un marché sous la tente et une offre alimentaire limitée non représentative des besoins des résidents. Pour que le projet soit exceptionnel, il faudra une offre alimentaire diversifiée et abondante qui fera en sorte que les résidents du quartier retrouvent le chemin du marché et aient le goût de venir s’y approvisionner en produits frais. Il faudra éviter à tout prix d’en faire uniquement une vitrine de certains produits recherchés par les touristes. D’autres commerces dans le Vieux-Québec répondent déjà à cette préoccupation. 

La vision de ce marché, même s’il n’est que saisonnier, doit être élaborée en fonction des besoins essentiels des citoyens. Il doit être pensé pour les citoyens. Ce sera alors son gage de succès. Voir ce que mangent au quotidien les citoyens d’une ville fait aussi partie intégrante d’une visite culturelle. Un centre-ville sans marché public est alors amputé d’une partie visible de sa vie.

D’ici l’ouverture du marché saisonnier envisagée à l’été 2020, il est encore temps pour les responsables de la Ville et de la Coopérative des horticulteurs de Québec d’imaginer et de concevoir une offre alimentaire qui sera gagnante pour les résidents et les producteurs et qui viendra combler en partie la perte du Marché du Vieux-Port. La balle est maintenant dans leurs mains, espérons qu’ils ne l’échappent pas...