Je n’en plus, Dr Arruda et M. Legault, de vous entendre dire que ça va bien à part les CHSLD. Que vous nous l’aviez dit que c’étaient les personnes âgées qui allaient mourir, qu’il y a deux mondes dans cette pandémie écrit Huguette Gagnon.
Je n’en plus, Dr Arruda et M. Legault, de vous entendre dire que ça va bien à part les CHSLD. Que vous nous l’aviez dit que c’étaient les personnes âgées qui allaient mourir, qu’il y a deux mondes dans cette pandémie écrit Huguette Gagnon.

Maison des aînés : M. Legault, vous allez trop vite !

POINT DE VUE / M. Legault, à son point de presse du 24 avril, a parlé de construction de CHSLD, de Maison pour aînés, etc.. Je ne crois pas que c’est ce que les aînés veulent. Avec ce que nous révèle la pandémie, il serait surprenant qu’un aîné du Québec soit tenté d’aller dans un CHSLD, public ou privé, avec de beaux murs colorés (les performances ne sont souvent pas meilleures au public qu’au privé). M. Legault, je crois que vous allez trop vite. Une réflexion de toute la société s’impose sur le sort des aînés.

On sait que le Québec est la province où il y a le plus d’aînés qui ne vivent plus dans leur domicile et qui vivent dans des résidences pour aînés : si je ne fais pas erreur, la proportion est de 20 % au Québec et de 5 % dans les autres provinces. Pourquoi ? Sûrement pas parce que les Québécois préfèrent vivre dans des résidences pour aînés. C’est avec regret qu’ils doivent abandonner leur chez-soi parce que l’État québécois ne leur fournit pas assez de soins à domicile. À mon avis, le gouvernement doit mettre l’accent sur les soins à domicile afin que les aînés y demeurent le plus longtemps possible et, pour plusieurs, jusqu’à la fin de leurs jours. Davantage de soins à domicile, moins de CHSLD. Davantage de soins à domicile, plus de personnes heureuses dans leur résidence. Évidemment, il faudra encore des résidences pour ainés, car certaines personnes ont des problèmes de santé très importants et nécessitent des soins qui ne peuvent se donner à domicile. 

Devant tous les décès, les points de presse quotidiens engendrent en moi une grande tristesse et une révolte aussi. Je n’en plus, Dr Arruda et M. Legault, de vous entendre dire que ça va bien à part les CHSLD. Que vous nous l’aviez dit que c’étaient les personnes âgées qui allaient mourir, qu’il y a deux mondes dans cette pandémie. Moi, je crois que le Québec est une seule société composée de petits-enfants, d’enfants, de parents, de grands-parents. Ce sont nos mères, nos pères, nos grands-mères, nos grands-pères, ayant des problèmes de santé, qui sont dans les CHSLD. Je ne connais aucune personne qui réside dans un CHSLD, mais si ma mère résidait dans un tel établissement en ce moment, je ne dirais pas à mes enfants, ses petits-enfants, ça va bien, mais tu sais, ta grand-mère, il y a deux mondes. Et mes enfants ne seraient sûrement pas heureux de constater que leur grand-mère ne vit pas dans le même monde qu’eux, mais dans un deuxième monde catastrophique. Se consoler d’une catastrophe humaine parce que ça va bien ailleurs ou pour moi, non. D’ailleurs, le monde du ça va bien ailleurs était simple comme bonjour à atteindre : tant que l’on reste chez soi, on ne contracte pas le coronavirus. Qu’en est-il pour les personnes vivant dans les CHSLD et autres résidences pour ainés ?

Dès le début des points de presse quotidiens, Dr Arruda a expliqué que les personnes qui souffraient de maladies risquaient d’avoir des complications lorsqu’elles étaient infectées par le coronavirus. Or, Dr Arruda et M. Legault savaient que des personnes souffrant de maladies vivaient dans les CHSLD et des résidences pour aînés. 

La préparation, pour faire face à la pandémie, a commencé peu de temps après le 22 janvier 2020 (date du premier point de presse du Dr Arruda), semble-t-il. M. Legault a sûrement informé Dr Arruda que du personnel manquait dans les CHSLD (celui-ci devait le savoir). Un article de journal de juillet 2019 a été publié le 18 avril 2020 démontrant qu’un représentant syndical avait demandé à M. Legault de ne pas attendre et d’augmenter le personnel en juillet 2019 dans les CHSLD, demande à laquelle M. Legault n’a pas accédé. Il n’y avait pas de pandémie annoncée en juillet 2019, mais, lorsque le gouvernement s’est préparé à faire face à la pandémie, il était évident que ce personnel devait être augmenté, les ainés ne pouvant être confinés dans ces institutions sans que des soins leur soient prodigués par le personnel. Il semble bien que le personnel n’ait pas été augmenté dans les CHSLD avant que la pandémie frappe le Québec et, par ailleurs, que l’on ne s’est pas assuré d’une autre façon d’avoir des bras prêts à s’occuper des ainés s’il n’était pas possible d’embaucher assez de personnel. 

Par ailleurs, il a été décidé que les proches ne pourraient plus visiter leurs parents ou grands-parents résidant dans les CHSLD, compte tenu du risque qu’ils les contaminent puisque les personnes asymptomatiques peuvent transmettre le coronavirus. Évidemment, le personnel pouvait faire courir le même risque, si des mesures très strictes n’étaient pas prises pour s’assurer qu’il ne contamine pas les ainés. Ce personnel devait avoir de l’équipement adéquat à cet égard et, à en croire toutes les histoires d’horreur relatés dans les journaux, il semble bien que les employés n’aient pas tous été bien protégés avec le résultat qu’ils ont contaminé les ainés, involontairement évidemment. 

Huguette Gagnon, une mère et grand-mère (70 ans et plus pour les statistiques) vivant dans son domicile